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Tome premier.
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248 THUCYDXDE

Chap. 20. « Nous avons la plus belleoccasion de nous reconcilier, avantqu’une injure irreparable, elevant entreles deux peuples une nouvelle barriere,ne nous force, nous, d’ajouter ä l’ini-mitie nationale des haines personnelieset que rien ne pourrait plus 6teindre;vous, de renoncer ä tous les avantagesque nous vous offrons aujourd’hui. Tan-dis que le succes des combats est encoreincertain, terminons nos querelles. Lagloire et notre amitie, voilä ce qu’ygagne Athenes; et Sparte, au lieu d’unecatastrophe humiliante, n’aura du moinsessuye qu’un echec ordinaire. Pour nous-memes, preßrons la paix ä la guerre,et rendons aüx autres Hellenes le calmeapres tant d’orages. C’est vous qu’ilsproclameront auteurs d’un si grandbienfait. Ils souffrent les maux de laguerre, sans savoir qui de vous ou denous l’a provoquee. Mais que ce fleauvienne ä cesser, comme c’est surtout devous que depend cet Evenement heu-reux, c’est sur vous aussi que porlerala reconnaissance. Songez-y bien : ilest en volre pouvoir de devenir amisdes Lacedemoniens; amitie d’autantplus inviolable, que vous l’aurez accep-lee ä leur sollicitation, par generosite,et non par conlrainte. Et quels biensae doivent pas resulter de notre union!Lorsqu’une fois nos deux republiquesauront rendu un meme decret,avec quelrespect le reste de l’IIellade, beaucoupplus faible, ne recevra-t-il pas les loisque nous aurons dictees de concert I »

Ciiap. 24. Teiles furent les importan-tes considerations presentees par les La-cedemoniens. Persuades qu’avant cotevenement les Atheniens eux-memesdesiraient la treve, et que l’eloignementseul de Lacedemone pour cette treve ymettait obstacle, ils pensaient que, sevoyant offrir la paix, ils la saisiraientaveq ardeur et rendraierif !es prison-

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niers. Mais les vainqueurs, qui tenaientceux-ci bloques dans l’ile, secroyaienttoujours les maitres de faire la paix desqu’ils le voudraient; et d’ailleurs ilsportaient plus loin leurs vues ambitieu-ses. Le principal instigateur elait Cleon,fils de Cleenete, qui avait alors tout cre-dit sur l’esprit de la mullitude, dontildtait l’idole et l’oracle. D’apres ses Con-seils, le peuple repondit qu’avant toutil fallait que les prisonniers livrasscntleurs armes et leurs personnes et fussenttransportes ä Athenes; que lä on ren-drait aux Lacedemoniens les hommesqu’ils reclamaient, apres qu’eux-memesauraient rendu ISisee, Peges, Trezeneet l’Achaie; qu’ensuite on concluraitune treve aussi longue qu’il convien-drait aux deux republiques. Or, lesplaces dont la restitution etait exigee,Sparte ne les tenait pas ä titre de con-quete; les Atheniens les avaient cedeespar accommodement anterieur, ä lasuilede grands revers, ä des epoques oü ilsavaient eux-memes le plus grand besoinde treve.

Ciiap. 22. A cette reponse les am-bassadeurs n’opposerent aucune recla-mation; mais ils demanderent qu’il fütelu des commissaires ebarges de discuteret debaltre les divers articles du traitequi serail dresse, apres müre delibera-tion, sur les bases arretees de partetd’autre. Cleon s’eleva forlement conlrecette proposition. « J’etais dejä bien eon-vaincu, disait-il, que ces gens n’ontdansl’fimenisincerite, ni justice; maisils viennent de se mettre entierementä decouvert, en refusant de trailcr avecle peuple, et en voulant tenir conseilsecretement ct avec un petit nombredenegociateurs. Si leurs vues sont sainesct droiles, qu’ils les exposent ä Passern*blee generale.» Les Lacedemoniens vi-rent bien qu’il leur elait impossible d«s’expliquer deyant !a roultiiiide, n’un«