THÜCYDIDE
part, ils craignaient que, si la detresseactuelle arracbait lern- consentementaux conditions imposees, les alliCs,nialgre toute la peine qu’ils se seraientdonnee, pour bien dire, neleurfissemun crime d’avoir echoue; de l’autre,le peuple leur paraissait Irop mal dis-pose pour qu’ils pussent sc flauer de leramener aux propositions modereesqu’ils avaient faites. Ils partirent doncd’Athenes sans avoir rien conelu.
Chap . 23. A leur arrivee dans le camp,la treve, par le seul fait de ce retour, setrouvait rompue. Les Lacedemoniens,d’apres les conventions, redemanderentleurs vaisseaux. Les Alheniens les refu-serenl : ils alleguaient differens griefs,une course dans laquelle, conlre unedes clauses formelles, on avait insultela muraille, et d’autres infractions peuimportantes; ils se fondaient sur ce qu’iletait expressement slipule que la pluslegere atteinte ä la treveemporterait rup-ture totale. Les Lacedemoniens niaientles faits, et criaient ä l’injustice. Enfinils se retirerent, et se preparerent ä re-commencer la guerre, qui, des deuxcötes, devint plus acharnee que jamais.Pendant le jour, les Alheniens, avecdeux bälimens qui se croisaient, fai-saient sans cesse le tour de l’ile, et, lanuit, tous se tenaicnt en Station, ex-ceple du cötede la pleinc mcr, lorsquele venls’elevait. Ils venaienl de recevoird’Athenes un renfortde vingt vaisseaux,en Sorte que la flotte entiere etait com-posec de soixanle-dix voiles. Les Pelo-ponnesiens, campes sur le continent,livraienl ä la place des altaques assezfrequentes, et epiaient loutes les occa-sions de sauver leurs guerriers.
Ciiap. 24. Cependant, en Sicile, lesSyracusains et leurs allies, en outre desvaisseaux stationnes a Messene, y amc-nerent une aulre flotte qu’ils venaientd’equiper, et de lä mirent en mer. Ani-
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mes surtout par les Locriens, qui ha'is-saient ceux de Rhegium, ils avaient faiteux-mömes, avec toutes leurs forces,une incursion sur les terres de 1 ’ennemi,et ils voulaient tenter un combat naval,voyantque les Atheniens n’avaientquepeu de vaisseaux sur ces mers; informesd’ailleurs que l’ile de Sphaclerie etaitassiegee par un plus grand nombre devaisseaux qui voudraient ensuitese reu-nir a ceux-ci. En gagnant une victoirena vale, ils esperaient empörter aisementRhegium, qu’ils attaqueraient par terreet par mer; ils se trouveraienl alors dansune position respectable. En effet, lepromontoire de Rhegium en Ilalie et ce-lui de Messene en Sicile, etant fort voi-sins l’un de l’autre, les Alheniens nepourraient plus en approcher, ni se trou-ver maitres du detroit. Ce detroit est laporlion de mer entre Rhegium et Mes-sene, au point oü la Sicile se rapprochele plus du continent. C’est ce lieu appeleCharybde, qu’Ulysse traversa, dit-on.Comme le passage est tres-etroit, et quela massed’eauqui l’occupeest la refusiondes deux grandes mers tyrrhenienne etde Sicile, et que cette eau se precipite,en bouillonnant, sur un merne point,il est avec raison repute dangereux.
Chap . 25. Ce ful dans cel espace etroitque les Syracusains et leurs alliös, fortsd’un peu plus de trente vaisseaux, ren-contrerent, le soir, scize vaisseaux athe-niens et huit de Rhegium, et se virentcontrainls decombatlrcpourprotegerunbfitiment de Charge qui traversail le de-troit; ils furent vaincus par les Athe-niens , perdirenl un vaisseau, et se reti-rerent comme ils purent, chacun versses fortifications respectives, ä Messeneet ä Rhegium. Le combat termine, lanuit survint. Les Locriens quitterent en-suite le pays de Rhegium. La flotte desSyracusains et des allies se dirigea versla Peluride, partie du lerritoire de Mes-