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Tome premier.
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THUCYDIDE, LIV. IT.

n’ayant pour boisson que de l’eau sau-mätre. Eeur espoir fut trompe, et voicipar quelle cause, Les Lacedemomcnsavaient invite loutes les personnes debonne volonte ä inlroduire dans Sphac-tevic de la farine, du via, du fromage,et loute aut re cspece de provisions utilesä des assieges. Chaque cargaison etaittaxee ä un prix tres-eleve, et chaqueHi lote qui se chargea’it du Iransport,devait encore avoir la liberte pour re-compense. A travers mille dangers, desprovisions etaient imporlees speciale-raent par les Ililotes. Partanl de tous lespoints du Peloponnese oü ils pouvaientse trouver, ä la chule du jour, ils se ha-taient d’aborder aux rivages qui regar-dent la pleine mer : surlout ils epiaientle moment oü le vent les pousserait surla cöte; car, lorsqu’il venait ä s’eleverde la haute mer, ils echappaienl plusi'acilement ä la vigilance dos vaisseauxennemis, qui alors ne pouvaient stalion-ner au tour de cette partie de l’ile. Poureux, saus menager leurs fregales, donlla valeur etait garantie, ils les precipi-taient sur la live, certains d’etre re$uspar les hoplites, qui monlaient la gardeaux endroits abordables: mais lesbäti-mens qui osaient s’exposer par un tempscalme, etaient pris. Du cöte meme duporl, des plongeurs nageaient enlre deuxeaux jusqu’ä l’ile, Uainant avec unecorde des outres remplies de pavot as-saisonne de miel et de graine de linbroyee. Dans les commencenrens, ilspassaient sans etre apercus; mais en-suite ils furent surveilles de pres. En unmot, de pari et d’autre, on mettait tonten ceuvre, les uns pour faire ent rer desvivres, les autres pour que leur vigi-lance ne fut pas en defaut,

Chap. 27, Gepcndant on apprend äAthenes quel’armee a beaucoup ä souf-frir, et que l’ennemi trouve les moyensd’apv?rovisionncr l’ile.On nesavaii plus

quel parti prendre. Tout se tournait ensujet de crainte et d’inquietude. L’hiverallait accroilre la difficulte de tenir lamer. Comment alors, en ce lieu descrt,sc procurcr les choses necessaires ä lavie? Comment les transporter en dou-blant le Peloponnese, puisque meme enete cet envoi etait presque impraticablesur une cöte d’un difficile abord? Oü lesvaisseaux se tiendront-ils? en rade? Unesurveillance continue deviendra impos-sible: les prisonniers alors ne seront plustenus en echec, ou bien ils choisiront untemps orageux pour s’eehapper sur lesvaisseaux meines qui leur apporterontdes vivres. Ce qui les effrayait le plus,etait l’idöe que les Lacedemoniens, sesentant un peu plus en forces, n’enver-raient plusd’ambassadeurs pour lapaix,et l’on se repentait de ne pas l’avoir ac-ceptee. Clöon s’aperout qu’il commen-cait ä ötre vu de mauvais ceil pour s’yetre oppose. II dil donc hardiment quele rapport de ces semeurs de nouvellesn’etait qu’un tissu de faussetes. « Ehbien ! repondirent les courriers, si l’onne veut pas nous eri croire, qu’on envoiesur les lieux examiner l’etatdeschoses.»On nomma Cleon lui-möme, et on luidonna Theogene pour collegue. Ce choixplarjait le premier dans une position cri-tique. 11 lui faudrait donc ou confirmerpar son propre temoignage ces meinesrapports qu’il avait declares infideles,ou se voir lui-möme convaincu d’im-posturc s’il s’obstinait ä les dementir.Mais, comme ä travers les regrets dupeuple il crut entrevoir que les espritspenchaicnt cncore plus pour la guerre,il prit le parti d’engager les Athöniensa renoncer ä cette enquete, et ä ne paslaisser se perdre en de vains delais l’oc-casion d’agir. « Si les nouvelles del’ar-mee, disait-il, vous paraissent verita-bles, equipez une flotte, et marche*contre cette poigtiue d’homuies. # Puis,