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THUCVDIDB, LIV. If
pour designer ä mols couverts et rabais-serNicias, fils deNicöratus, alorscom-mnndant et son ennemi ■ personnel, ilajoutait: « Si les chefs elaient gens decoeur, il serait tres-facile, avec un nou-veau renfort, de s’emparer de tous ceuxqui sont dans l’ile. Je vous en auraisbientöt rendu raison, moi, si j’avais lecommandement. »
Ciiap. 28. Comme le peuple faisaitentendre un murmure d’improbation,et disait: « Si la cbose lui parait si fa-cile, pourquoi n’est-il pasdejäen mer?»Nicias, qui avait vivement ressenti lereproche indirect de lächele, s’ecria :« Eh bien! Cleon, prenez tel renfort quevous voudrez, et allez atlaquer; nousvous le permettons, mes collegues etmoi, autant que cela depend de nous. »Cleon, croyant d’abord que cetle offren’etait qu’un jeu, dit qu’il etait toutpret: mais, quand il vit queNicias avaitreellement le desir d’abdiquer, il chan-gea de langage, et remontra que ce n’e-tail pas lui, mais Nicias, qui etait gene-ral. La frayeur le saisit : jamais il n’efitimagine que Nicias osät ainsi abdiquerlegeneralat.Maiscelui-ci le sommapourla seconde fois, se demit du commande-menl, et en prit les Atheniens ä temoin.
Le peuple est toujours peuple. PlusCleon cherchait ä decliner la mission,plus il revenait sur ses pas, et plus lesAtheniens pressaienl Nicias de lui re-meltre le commandement, et criaient äCleon de s’embarquer. Enfin, ne sachantplus comment retirer sa parole, Cleonaccepla sa mission, et s’avan^a au mi-lieu de l’assemblee. « Je ne crains paslesf^acedemoniens, dit-il: jevais m’em-barquer. Aucun citoyen d’Athenes neme suivra. J’emmöne seulement ceux deLemnos et d’Lmbros qui sont ici, lestroupes armöes ä la legere que la villed’Enos a envoyees ä notre secours, etquatre Cents archers veniis d’ailleurs.
Avec ce renfort, je vous reponds de l’ar-möe dePylos : dans vingt jours>, je vousamene les Lacedemoniens vivans, oubien je les aurai tous extermines sur laplace. » La multitude riait de tant devanite et d’un langage si plein de jac-tance; les hommes sages se rejouissaientde l’heureuse alternative qui se presen-tait: en eilet, ou ilsseraient pour jamaisdelivres de Cleon, bonheur qu’ils espe-raient, ou, si l’evenement trompaitleurattente, les Lacedemoniens tomberaientau pouvoir d’Alhenes.
Chap . 29. Clöon prit dans l’assembleemeine tous les arrangemens necessaires;et, apres qu’un decret solennel l’eut in-vesti du commandement, il s’adjoignitpour collegue Demoslhene, l’un deschefs de l’expedition de Pylos, et partiten toute diligence. Ce qui l’avait porteä ce choix, c’est qu’il avait appris queDemosthene projetait une descenle dansl’ile, parce que les Lacedemoniens, re-duits ä la derniere ressource, resserrdsdans un etroit espace, et assieges plutötqu’assiegeans, brülaient d’en venir ä uneaffaire decisive. L’incendie de Sphacte-rie encourageait encore Demosthene.Avant ces evenemens, il n’etait pas sansinquietude sur le succes de l’entreprise.L’ile, toujours inhabitee jusqu’alors,n’elait qu’une forel sans route tracee;ce qu’il jugeait tres-favorable aux enne-rnis. Ceux-ci, de leurs retrailes inaper-gues, venant fondre sur une armöe nom-breuse ä la verite, mais dans le desordred’u ne descenle, auraient pu l’incommo-der beaucoup, et leurs faules et leursdispositions, protegees par lepaisseurdu bois, n’auraient pasete visibles pourlui (comme eiles le seraient desormais),tandis que la moindre negligence de sessoldats ne pouvait leur echapper : detoutes parts, il leur eüt 6te possibledelomber sur lui ä l’improviste, parce ouetoujours ils eussent eie maitres de choii