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Tome premier.
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254 THUCYDIDE

C’ölait le reste de l’armee alhenienne.Tous, ä Ja reservedesThalamites, s’a-vancerent ea bon ordre, suivis de liuitCents archers, d’un nombre ä peu presegal de pellasles, des Messeniens auxi-Jiaires, en un mot de toutes les troupesqui etaient ä Pylos, excepte celles qu’onavait laissees pour defendre la place.Demosthene les rangea par pelotons dedeux cents hommes, plus ou moins, etleur fit occuper les eminences : disposi-tion qui pla^ait les Lacedemoniens dansune Situation desesperee. Environnes detoutes parts, ä quelle division faire face,et comment n’ctre pas sans cesse acca-bles par le nombre! S’ilsaltaquaient lecorps qu’ils avaient en töte, celui qu’ilsavaient en queue ferait pleuvoir sur euxune gröle de traits; s’ils marchaientcoritre les troupes qui etaient sur leursflancs, ils se trouveraient egalement en-fermds entre les deux ailes. De plus,quclque cote qu’ils choisissent, les trou-pes legeres deDemosthene, loujours der-riere eux, les accableraient de flechcs,de javelots, de pierres, de tout ce quelance au loin la fronde: combattant sansreläche et toujours de loin, elles acca-bleraient, sans crainte d’ötre poursui-vics; cav elles triomphaient cncore enfuynnt, et lorsqu’on fuyait devant elles,elles poursuivaient avec aebarnement.Tel etait le plan que Demosthene avaitarröle d’avance pour l’attaque de l’ile,et qu’il executa dans l’action.

Cu ap. 33. Epiladasetsa troupe, quiformait la partie la plus considörable dela garnison, voyant la premiere gardemassacree, et l’ennemi qui arrivait droitä eux, se rangerent en bataille: voulantengager l’action, ils marchaient droitaux hopliles de l’enncmi qu’ils avaienten face, en meme temps qu’ils avaientses psiles sur les flancs et en queue. Maisils ne purent se mesurer avec les ho-plites, ni mettre ä orofit leur superio-

, LTV. IV.

rite reconnue dans les combats de piedferme. En effet, presses des deux cöte?par les traits des psiles, ils suspendaien'leur marche, et s’arretaient. C.liaquc foique ceux-ci venaient les atlaquer de pli.pres, ils etaient a l’inslant repoussespuis, apres s’etre eloignes par unefuilerapide, ils se retournaient et venaientassaillir de nouveau. Legerement ar-mes, il leur etait facile de fuir sanscrainte d’etre alleints, ä cause de la dif-ficulte des lieux et de l’äprete d’un solinhabite jusqu’alors, oü les Lacedemo-niens, avecleur pesanle armure, eussenttenle vainement de les poursuivre.

Ciiap. 34. Quelque temps se passaainsi de part et d’autres en cscarmou-ches. Les Lacedemoniens n’avaient plusla force de se porter avec la meine vi-gueur sur tous les points. Les psiles athe-niens s’apcicoivent de l’epuisement del’ennemi. Cclte vue leur inspirant plusd’audace , sc regardant eux - memescomme tres - nombreux, accoulumesd’ailleurs ä ne plus voir dans leursad-versaires des hommes redoutables, ilsse rappellent qu’ilsn’ontpasautant souf-ferl qu’ils s’y atlendaient au moment dela descente, oü tout leur courage etaitsubjugue par l’idee qu’ils marchaientcontre des Lacedemoniens. Ils en vien-nentenfin jusqu’ämepriserk'urennemi,poussent un cri, et soudain seprecipi-tent sur lui tous ensemble, et l’accablentde pierres, de fleches, de traits, de toutearme que chacun trouve sous sa main.Ces cris, cetle attaque impetueuse eton-nent des guerriers peu accoutumös ä cegenre de combat. Les cendres de la forenouvellement incendiee, s’elevantdanl’air, qu’obscurcissait encore une grelde flechcs et de traits, leur permettaientä peine de voir ce qui dtait devant eux.Leur Situation devint terrible alore:leurs cuirasses n’elaient pas assez fortespour amortir le coup des lances qui les