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Tome premier.
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THUCYDIDE

atteignaient, et dont plusieurs se bri-saient, laissant le fer cnfonce dans lesarmures. lls se trouvaient dans l’impos-sibilile d’agir: aveugles parla poussiere,assourdis par les clameurs ennemies quiles empechaient d’entendre les ordresdu general; de toutes parls environnesde perils, il ne leur rcstait ni moyen dedefense, ni espoir de salut.

Ciiap. 35. Enfin, couverts pour laplupartde blessures, parcequ’ils etaienttoujours demeures fermes au meineposte, ils serrenl les rangs et se mettenten marche vers l’autrc extremite deHie, peu bloignee, et oü etait la for-teresse ainsi que leur troisieme garde.Alors les psiles allieniens, dont ce mou-vement deretraite a rcdouble l’audace,pousscnt un nouveau cri d’attaque etpressent plus vivement encorc. Tous lestraineurs qui lombent ende leursmainssont massacres. Le plus grand nornbrecependant ecliappc et parvient jusqu’äla forteresse, se joint ä Ja garnison, etcourt ä tous les endroils les plusfaibles.Les Allieniens les suivent: ne pouvant,ä cause de la forte Situation du lieu,niles envclopper, ni les enfoncer, ils lesattaquent de front, et s’epuisent en ef-forts pour les deloger de ce poste. L’as-saut duralong-temps, etles deux parlis,malgrela faliguedu combat, malgrc letourment de la soif et l’ardeur d’un so-leil brülant, s’aeharnerent, la plusgrande partiedu jour, les uns ä chasserl’ennemi de son eminence, les autres äs’y maintenir. La resislance des Lacede-moniens etait cependant moins peniblequ’auparavant, parce que leurs flancsetaient libres ct hors de toute insulte.

Cu ap. 56. Comme rien ne se decidaii,le chef des Messeniens vient trouverCleon et Demostliene. « Vous prenez enxain beaucoup de peine, leur dit-il;donnez-moi des archers et des psiles.

J ’espere t rouver un cliemin pour lourner

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l'ennemi, le prendre par derrihre etforcer le passage. » Ayant obtenu cequ’il avait demande, il part d’un endroitcouvert, pour n’etre pas apergu; et Iongeant la chaine escarpee des rochers quibordaienl l’ile, et oüles Lacedcmoniens,se fiant sur la force naturelle du lieu, nefaisaient poinl la garde, il poursuit samarche difficileet perilleuse, qu’il par-vient a leur derober. Tout ä coup il semonlre sur la hauteur, au dos des assie-ges, que cette apparition subite frappede surprise et d’effroi. Les Atheniens,au contraire, qui se voient enfin aucomble de leurs voeux, sentent renaitreleurs forces. Des ce moment, les Lace-demoniens, en butte aux traits des deuxcötes ä la fois, se virent, si l’on peutcomparer les petites circonstances auxgrandes, dans la meine position oü s’e-taient trouves leurs ancetres aux Ther-mopyles. La, ces derniers perirent sousles coups des Perses, qui, par un etroitsentier, etaient parvenus ä les cerner;ici, une poignee d’hommes combattaitaccableedetraits et enfermee entre deuxarmees superieures en nombre. Enfin,le corps epuise de faiblesse et d’inani-tion, ilscommengaientaceder, etdejäles Atheniens blaient maitres de toutesles avenues.

Ciiap. 57. Cleon et Demostliene,voyant que plus l’ennemi reculerait,plus il perdrait de monde, arreterent1’impetuosite de leurs soldats, et suspen-dirent le combat. Ils voulaient emmenerles Lacedemoniens vivans, dans le casoü, apresune nouvelle sommation, vain-cus par la consideration de leur dangerpresent, ils seraient decourages au pointde meltre bas les armes. On leur fitdone proposer par un h6raut de livrerleurs armes et de se rendre eux-meinesä discretion.

Ciiap. 38. La plupart repondirent äcetle proposition en jelant ä terre leurs