Band 
Tome premier.
Seite
257
JPEG-Download
 

thbcydide

qui leur paraissaient les plus propres äremplir leur objet dans une place qu’ilsregardaientcommeleuraneiennepatrie:car le lerritoire de Pylos faisait autrefoispartie de la Messenie. De lä ces Messs-niens pillaient et ravageaient laLaconie.Laconformilede langage favorisait leursexcursions. Les Lacödemoniens, jus-qu’alors peu exerces au melier de pil-lards et ä cette maniere de faire laguerre, voyaient d’ailleursles Hilotes de-serter en foule pour passer ä Pylos; etils craignaient que, dans leur paysmente, ceux-ci ne machinassenlqueiquecomplot plus dangereux. Ces irruptionsleurcausaientdoncdevivesinquietudes,qu’ils se gardaient bien toutefois de lais-ser apercevoiraux Atheniens. Seulementils leur envoyaient des ambassadeurspour lächer d’obtenir et la delivrance deleurs prisonniers, et la vestitution dePylos. Mais Athenes avait bien d’autrespretentions. Vainement mullipliaient-ils les ambassades; les deputes etaienttoujours venvoyes sans avoir pu rienconclure. Telle fut l’affaire de Pylos.

Ciiap. 42. Le meme ete, aussilöt apresces evenemcns, les Albeniens porlerentla guerre dans la Corinthie. Ils y en-voyerent, sur quatre-vingts vaisseaux,deux millede leurs hoplites, et deux cen tscavaliers sur des bälimens construitspour cet usage. Ilsavaientavec eux leursallies de Milet, d’Andros et de Caryste.Le premier de leurs trois generaux etaitNiems, fds de Niceratus. Ils s’embar-querent au point du jour, et aborderententrela Chersonese et Rhcitos, ä la cöteau-dessus de laquelle s’eleve la coli ineSolygienne. Lä jadis camperentles Do-yens, quand ils firent la guerre auxCorinthiens qui habitaient Corinthe etqui etaient Eoliens. Un bourg nommeSolygie se trouve maintenant sur cettecolline, ä douze stades du rivage oü lesvaisseaux prirent terre; la viile des Co-

, uv. iv. 257

rinthiens est ä soixante stades de cememe rivage, et I’isthme ä vingt stades.Instruit d’avance par ceux d’Argos del’arrivee prochaine de cette armee, lesCorinthiens, exceple ceux qui habitenten dehors del’istlime, s’etaicnt rendussurl’isthme. Cinq centshommes avaientete envoyes en garnison dans l’Ampracieet dans la Leucadie : les autres, en tres-grand nombre, guettaient les Athenienspour s’opposer ä leur descente; maisceux-ci tromperent leur surveillance enabordantdenuil.Cependantlesennemisfurent bientöt avertis de leur arrivee pardes signaux; et laissant la moitie de leurmondeä Cenchree, depeur quelesAthe-niens ne se portassent sur Crommyon,ils se häterenl de marcher contre eux.

Chap. 43 . Battus, Iesecond de leursgeneraux (il y en avait deux äce com-bat), prit avec lui une division, et serendit ä Solygie, pour garder cettebour-gade, qui n’avai t pas de murs .Lycophronfit l’attaque avec le reste. D’abord lesCo-rinlhiens donnerentsurl’aile droite desAtheniens qui venaient de descendre enface de la Chersonese, et ils atlaquerentensuite le reste de l’armee. Le combatfut vif; partout on se battait corps äcorps. L’aile droite des Atheniens et desCarysliens, de laquelle les Carystiensformaient l’extremite, rct;ut le choc desCorinthiens, et les repoussa quoiqu’avecpeine. Ceux-ci gagnerent unehaie; et,comme le terrain allait en pente, ils setrouverenl plus eleves que les ennemis,les accablerent de pierres, chanterentle pean, et revinrenl ä la Charge. LesAtheniens soutinrent cettesecondealta-que, et l’on se battit d’aussi pres que lapremiere fois. Mais un corps de troupescorinthiennes accourut au secours del’aile gauclie, mit en fuite l’aile opposeedes Atheniens, et les poursuivit jusquesur leurs vaisseaux. Cependant eux etles Carystiens descendirent encore des

17

i.