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Tome premier.
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256 THUCYDIDE

bouclierset en agitantles mains ensigned’acquiescement. Une treve futconclue.Cleon et Demosthene s’aboucherentavecStyphon, fils de Pharax, alors ä la tötedes Lacedemoniens. Des deux generauxses prödecesseurs, le premier, Epitadas,avait ete tue; l’hippagrele qui lui avaitsuccede gisait, quoiquerespirantencore,sur le champ de bataille, et Styphonetaitceluique laloiappelait enlroisiemeordre au commandement, en cas demorl des deux premiers generaux. Celui-ci, de concert avec les autres chefs quil’accompagnaient, declara qu’ilsavaientresolu d’envoyer un heraut aux Lacede-moniens du continent, pour les consul-ter sur ce qu’ils avaient ä faire. Commeces derniers n’envoyaient aucun desleurs, les Atheniens allerem eux-mömesappeler lesherautsqui etaient surla lerreferme, et apres deux ou trois messages,la derniere rcponse fut queles soldats deSphacterie eussent ä pourvoir ä leur sa-lut sans compromettre leur honneur.Ccux-ci donc, apres avoir tenu conseilentre eux , livrerent ä l’ennemi leursarmes et leurs personnes. Ce jour-lä, etla nuil suivante, on les tinl sous bonnegarde. Le lendemain, les Atheniens,apres avoir eleveun trophee, firent lousles preparatifs pour le transport des pri-sonniers , qu’ils confierent ä la vigilancedes trierarques, et permirent aux Lace-demoniens d’enlever les morts. Quatrecent vingt hoplites avaienl passe dansl’ile; on en relira vivans deux cent qua-tre-vingt-douze, dont environ cent vingtSpartiales; les autres avaient ete tues.LesAlheniens perdirenl peu de monde,|)arce que leurs troupes legeres avaienlseules combattu.

Chap. 39. La duree du siege, depuisla bataille navale jusqu’ä celle qui sedonna dans l’ile, fut en toutdesoixante-douze jours. Pendant les vingt joursquedura l’absence des deputes envoyes ä

, L1V. IV.

Athenes pour traiter de la paix,on four-nit des vivres aux assieges; le reste dutemps, ils ne furent nourris que decequi leur etait secretement apporte pardes vaisseaux. A leur depart, on trouvadu bleet d’autres provisionsdebouche;car le general Epitadas distribuait lesrations avec plusde parcimonie qu’il nele devait, eu egard auxprovisionsfaites.Les Atheniens et les Peloponnesiens,retirant leurs troupes de Pylos, s’en re-lournerent chacun chez eux, et Cleon,quoiqu’il eüt fait la promesse d’un fou,tint parole; car, au terme fixd de vingtjours, les prisonniers etaient ä Athenes.

Chap. 40. De tous les evenemensdecetteguerre, aucun ne trompadavantagel’aliente des Hellenes. On savait que nila faim ni aucune autre extremitö nefaisait rendre les armes aux Lacedemo-niens ; que, combattant jusqu’auderniersoupir, ils mouraient les tenant encoreä la main. On ne pouvait s’imaginer queles soldats qui avaient livrö leurs armes,ressemblassent ä ceux de leurs cama-rades res les sur le champ de bataille.Quelque temps apres, un allie des Alhe-niens demandait ä l’un des prisonniers,pour lui faire insulte, si les guerrierstues ä Sphacterie etaient de braves gens.« L ’atractos, repondit celui-ci (et parcc mot il designait laflöche), YatractoSserait un bois bien precieux, s’il avait ledon de discerner les braves: » donnantä eilten die par ce mot, que les mortsetaient ceux qu’avaient, au hasard,ren-contres les pierres et les traits.

Chap. 41. A l’arrivee des prisonniers,il fut arrete qu’ils seraient gardös enprison jusqu’ä ce qu’unarrangementeütete conclu; mais qu’ils en seraient tirespour recevoir la mort, si auparavantles Peloponnesiens faisaienl une incur-sion dans l’Atlique. On avait laisse gar-nison ä Pylos. Les Messeniens de Nau-pacte avaient envoye ceux d’enlre eux