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Tome premier.
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seurs1 Combien d'autres ont espdrö queleur puissance leur servirait de degrepour s’elever plus haut! Mais aussi, vousle savez, souvent les premiers, loind’&raser leurs ennemis, sont cux-me-mes devenus victimes; et les seconds,au lieu de s’enrichir, ont perdu ce qu’ilspossedaient. La vengeance qui veutpu-nir une injure regue, pour etre juste,n’est pas pour cela süre du succes : lapuissance parait autoriser des esperan-ces, mais eile ne les realise pas toujours.L’avenir est au pouvoir de la fortune :sa balance vacille encore et n’a pas prisson equilibre; mais, pour les deux par-tis, son indecision memeesl leplusgrandbien; car la crainte, qui de pari et d’au-tre est egale, fait qu’on s’altaque avecplus de circonspection.

Chap.63. « Nous avons done aujour-d’hui deux motifs de crainte tres-fon-des: l’incertitude d’un avenir sur lequelnous ne pouvons asseoir rien de stable,et la presence actuelle et redoutable desAthdniens. Quela consideration de cesobstacles nous fasse abandonner ce quipourrait manquer ä l’accomplissementde nos desseins respectifs; ne songeonsqu’ä eloignerde notre pays l’ennemi quile menace. Notre inleret nous l’ordonne;concluons une paix definitive, ou dumoins qu’une treve indefiniment pro-longee remette ä un autre temps la deci-sion de nos querelies intestines. En unmot, sachez qu’en suivant mon avis,cbacun de nous habitera une ville libre,d’oü, maitres absolus, nous serons,parreffet d’une vertueuse resolution, enetat de rendrebienfait pour bienfait, in-jure pour injure. Mais si vous refusez deme croire, si nous obeissons, il ne seraplus question pour nous de punir unagresseur; nous serons forces ä devenir,selon l’occasion, lesamis de nos morteisennemis, los ennemis de nos amis.

Ehap.6 1. V Je teviens ä ce que j’ai dit

, UV. IV.

au commencement de ce discours: re-presentant de toute la Sicile, et nonmoins en 6tat d’altaquer moi-meme quede repousser les attaques, je vousexhorte instamment ä ouvrir les yeuxsur vos vrais intüröts, ä terminer tousvos differends, ä ne pas soutenir contrevos ennemis une guerre deplorable, quile deviendrait encore plus pour vous-mörnes. On ne me verra point, folie-ment opiniätre dans mes pretentions,vouloir exercer sur la fortune le m&meempire que sur ma volonte. I'ret ä fairepour ma pari toutes les conceSsionscon-venables, je pense que, d’eux-memes,les autres doivent en faire autant, et nepas atlendre que l’ennemi vienne lesycontraindre. Ce n’est pas une honte quedans une mfeme famille l’uncede ä l’au-tre; que, voisins, habitantlemömepays,un pays environne par la mer, portanttous le nom de Siciliens, nous cedionssur quelque point les uns aux autres:Doriens ä des Doriens, Chalcidiensäceux qui ont meme origine. Neserons-nous pas toujours maitres, s’il le faul,de recommencer la guerre, puis decon-clure, dans de nouvelles Conferences,denouveaux traites de paix? Mais, je lerepete, si nous sommes sages, nous reu-nirons nos efforts pour repousser lesetrangers qui s’apprötent ä nous afta-quer, puisque, quand chaque merabreenparticulier estblesse, le corps entierest en peril; et jamais nous n’appelle-rons ni des auxiliaires, ni des pacifica-teurs. En agissanl ainsi, nous delivre-rons la Sicile de deux fleaux bien fu-nestes, des Atheniens et de la guerrecivile; et, par la suite, nous gouverne-rons par nous-memes notre pays, de-sonnais independant, et moins exposeaux attaques perfides d’autres peuples.»

Cu ap. 65. Les Siciliens, touchesdeces raisons, s’accorderent en convenantque chacuu garderait ce qu’il avait enlre