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Tome premier.
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THUCYDIDE

les mains; que Camarina aurait Mor-onnline, moyennant une somme que lapremiere de ces deux villcs payerait auxSyracusains. Lesalliesd’Athenes, ayantappele les commandans de celte nation,]eur declarerent qu’ils allaient acceder äl’accommodement, et qu’ils les feraienlcomprendre dans le traite. Ceux-ci don-nerent leurconsentement ä l’accord quifut conclu. Mais ceux des Atheniens quietaient restes dans Athenes, au retour deleurs generaux, condamnerent a l’exilPythodore et Sophocle, et imposerentune amende au troisiemc general, Eury-medon, les aecusant d’avoir pu souinet-tre la Sicile, et de s’elre retires, gagnespar des presens. Favorise alors par lafortune, ce peuple pretendait que riennelui resistät, et eroyait devoir egale-ment reussir dans les entreprises aiseeset dans les plus difficiles, avec de grandscomme avec de faibles preparatifs : tantl’avait enorgueilli cetle longue suite desucces inesperes, qui lui faisait suppo-ser ses forces egales ä son ambition!

Chap. 66. Dans le meine eie, les Me-gariens de la ville se voyaient harceles,et par les Atheniens, qui, deux foisehaque annee, se jetaient sur leurs paysavec des armees formidables, et par lesexiles, qui, chasses dans une erneute parlafaction du peuple, s’etaient retires äPeges, d’oü ils venaient ravager la Cam-pagne. 11s se disaient entre eux qu’ilfallait rappeier les bannis, pour ne pasvoir la ville accablee de deux cötes ä laIbis. Les amis des exiles, informes de cesbruits qui couraient, engagerent, plusouvertement qu’ils ne l’avaient fail jus-qu’alors, les citoyens ä s’occuper de cettequestion; mais les cbel's du parti popu-laire sentirent qu’ils ne seraient pas epar-gnes par le peuple^igri de ses maux.Dans leur frayeur, ils lierent des inlel-ligences avec les generaux d’Atbenes,Hippocrate, fds d’Ariphron, et Demos-

, uv. IV.

thene, fils d’Alcisthene, et offrirent deleur livrerla ville, jugeantce parti moinsdangereux pour eux que le retour descitoyens qu’ils avaient prives de leurpatrie. Ils convinrent d’abord que lesAtheniens s’empareraient des longuesmurailles qui s’etendaient l’espace dehuit stades, de Megäre ä Nisee, portde cette ville. Maitres de ces murs, ilsempecheraient lesPeloponnösiens d’ap-porler du secours de Nisee, place donteux^euls composaient la garnison pourse mieux assurer la possession de Me- 4gare. Ils promettaient de faire ensuitelous leurs efforts pour livrer aux Athe-niens la ville haute. Cela fait, ils pen-saient que les Megariens seraient facile-ment amenes a se rendre.

Ciiap. 67; On confera de pari et d’au-tre; on fit les dispositions necessaires, etles Atheniens, vers la nuit, se porterentvers Minoa, Ile voisine dependante deMegäre, avec six Cents hoplites que com-mandait Hippocrate. Ils se mirent enembuscade dans un foss6 qui n’etail pasloin, et d’oü l’on avait tire de la terre äbrique pour la construction des murs.Le corps aux ordres de Demosthene,l’autre general, les troupes legeres dePlatee, et les coureurs, se posterent dans1’hicron de Mars, encore plus pres de laville. Personne ä Megäre, excepteceuxqui devaient conduire l’entreprise decette nuit, ne savait rien de ces disposi-tions. L’aurore commenr;ant ä paraitre,ceux des Megariens qui trahissaient leurpatrie, userent de ce slratageme. Dejä,depuis long-temps, au moyen d’unepermission qu’ils avaient obtenue en seeonciliant les bonnes gräces du comman-danl de la porte, ils se la faisaient ou-vrir, et transportaient de nuit ä la mer,sur une charrelte, a travers le fosse, uncanot a deux rames, pour exercer la pi-raterie. Ils restaient en mer, et, avant lejour, ils rapportaient la barque sur la