THUCYBIDE, LIV. IV. 2tl
dans la Chalcidique. Son armee avait cl4maiwi4e du Peloponnese par Perdiccas etpar las Thraces du lilloral qui s’etaientdeiaches d’Alhenes, et qu’alarmait laprosperile croissante de cetle republi-que. Les Chalcidiens, et les peuples des\’illes voisines, sans avoir encore secotiöle joug d’Athenes, peisuades qu’ils se-raient les premiers qu’elle viendrait at-taquer, avaient eux-meines, sous main,sollieitöceseeours. Perdiccas n’ölait pasonverlement ennemi d’Athenes; maisses vieux differends avec les Athenienslui inspiraienl des crainfes; surtout ilavait dessein de subjuguer Arrhibee,roi des Lyncestes. Les penibles circon-stances oü se trouvail Lacedemone luifirent obtenir plus aisement les seeoursqu’il desirait.
Chap. 80. En effet, comme les Athe-niens desolaient le Pöloponnese, et sur-lout le terriloire de la Laconie, lesLacedemoniens esperaient operer unediversion,si, ä leur tour, ils parvenaientä les inqujelcr, en envoyant une armeeä des allies, qui d’ailleurs les nourri-raient, et qui n’invoquaient l’appui deSparte que pour se detacher de l’allianced’Alhenes. Les Laced6moniens n’etaientpas fäches non plus d’avoir un prelextede faire partiruncertain nombre d’IIilo-tes. Depuis la prise de Pylos, ils crai-gnaienl de leur part quelque revolle.Toujours un de leurs premiers soinsavait cte de se tenir en garde conlre lesHilotes; et voici la mesure que leur avaitsuggeree la crainte de cette populationjeune et nombreuse : un jour ils leur or-donnerent de faire entre eux un choixde ceux qu’ils regardaient comme lesplus braves, promettant queceux-lä se-raient affranchis. En presentant ce piege,ils jugeaient que ceux qui se croiraientles plus dignes,devaienl6tre, ä raison deleuvfievte, les plus entreprenans. Deuxrodle obtiurent cette funeste distinclion,
se promenerent dans les hi4rons, la töteceinte de couronnes, comme ayant ob-tenu la liberte; mais peu apres ils dis-parurent sans qu’on ait meme soup-con ne quel genre de mort on leur avaitfait subir. Dans ces circonstances, Spartes’empressa d’en envoyer sept Cents ä ti-tre d’hoplites, sous les ordres de Brasi-das. Ce general leva le reste de sonarmee dans le Peloponnese. 11 avaitmontre lui-meme un grand desir d’etreCharge de cette expedition.
Chap. 84. Los Chalcidiens avaientaussi desire ce general, que Sparte esti-mait le plus capable, et qui, depuis sondepart, ne dementit point sa haute re-nommee. Des son debut, il monlra danssa conduite envers les villes un tel espritde justice et de moderation, que plu-sieurs se declarerent pour lui, et qued’aulres lui furent livrees par trahison.Au moyen de ces acquisitions, si les La-cedemoniens voulaient un jour en venira un accommodement, qui, en effet, eutlieu, ils auraient en meme temps desvilles ä rendre et ä reclamer; ils y ga-gnaienl d’ailleurs l’avantage de trans-porter le theätre de la guerre loin du Pe-loponnese. Dans la guerre qui suivit cellede Sicile, la vertu, la prudence de Bra-sidas, ces qualites que les ans connais-saient par experience et les autres par larenommee, conlribuerent surtout a in-spirer aux allies d’Atlrenes de l’inclina-lionpour Lacedemone. Comme il etait,dans ces derniers temps, le premier quifut sorli de sa patrie, et qu’il semblaitreunir en sa personne toutes les perfec-tions, on croyait fermement que tous sesconcitoyens lui ressemblaient.
Chap. 82. Les Atheniens, instruils deson arriveedans l’Epithrace, declarerentennemi de la republique Perdiccas, au-quel ils imputaient cette irruption, ettinrent encore plus qu’auparavant lesyeux ouverts surles alliösdecesparages.