Band 
Tome premier.
Seite
272
JPEG-Download
 

272

THUCYDIDE, LIY. IY.

Chap. 83. Perdiccas, joignant sesforcesaux troupes de Brasidas, fitaussi-töt la guerre ä son ennemi Arrhibee,fds de ßromere, roi des Lyncestes-Ma-cedoniens, dont les etats touchaient auxsiens, et qu’il voulaitdetröner. L’armeeetait pres de fondre sur Lyncus : Brasi-das declara qu’avant de commencer leshostilites, il voulait avoir des Conferen-ces avec le prince, et essayer s’il pour-rait l'engager dans l’alliancede Lacede-mone. En effet, Arrhibee avait dejä faitannoncer par un herauf qu’il etait pretä reconnaitre ce general pour arbitre;d’ailleurs les deputfe de la Chalcidique,qui etaient presens, voulant disposer ceprince ä se mieux preter ä leurs propresinterets, lui conseillaient de ne pas ac-ceder inconsiderement aux decisions dePerdiccas, lesquelles auraient de funes-tes resultats. En outre, les deputes en-voyes par Perdiccas meme ä Lacede-mone avaient assure qu’Arrhibee feraitentrer dans l’alliance de cette republi-que bien des pays circonvoisins. Brasi-das crut donc devoir convcrlir l’aflaired’Arrhibee en une affaire commune.En vain Perdiccas representa qu’il avaitmande le general lacedemonien, noncommejuge de ses querelies avec le roides Lyncestes, mais pour etre delivreparson secours desennemis qu’il lui de-signerait, et qu’on ne pouvait Sans in-justice, pendant qu’il nourissait la moi-tie des troupes, entrer en Conferenceavec Arrhibee. Malgre ces reclamations,Brasidas prit connaissance des difle-rends desdeux princes, et persuade parles raisons du roi des Lyncestes, il retirason armee avant qu’elle füt entree surses terres. Perdiccas, se presentant of-fense, ne fournit plus qu’un tiers dessubsistances au lieu de la moitie.

Chap. 84. Le meme ete, Brasidas nese vit pas plutöt fort du concours desChalcidiens, qu’il porta ses armes sur

l’Acantbe, colonie des Adriens : c’ötaitun peu avant le temps des vendanges.Ceux des habil ans qui, de concert avecles Chalcidiens, l’avaient appele, vou-laient qu’on lui ouvrit les portes; lepeuple s’y opposait. Brasidas proposa äla multitude de le laisser entrer seul, etdene deliberer qu’apres l’avoir entendu.On craignait pour le fruit, qui etait en-core sur pied : le general fut introduit.Pour un Lacedemonien , il n’6tait passans öloquencc; il parla en ces termes:

Chap. 85. «Citoyens d’Acanthe, lesLacedemoniens, en m’envoyant ici avecune armee, vous prouvent par le faitqu’ils parlaient sincerement, quand aucommencement de cette guerre, ils de-clarerent qu’elle etait entreprise pourlaliberte de l’Hellade. Alors nous espe-rions reduire les Atheniens prompte-ment et seuls, sans que vous eussiez äprendre pari au danger. Trompes dansnotre opinion sur la dürfe de la guerreen Attique, si nous avons tarde de venirici, que personne ne nous en fasse uncrime. Nous avons saisi la premiere oc-casion favorable pour arriver : secondesde vos efforts, nous tächerons de Com-puter la defaite de l’ennemi commun.Je suis etonne que vos portes m’aientete fennees, et que vous ne m’ayez pasre<;u ä bras ouverts. Des Lacedemoniensavaient droit de penser qu’ils allaienttrouver en vous des hommesqui etaientleurs allies, au moins de coeur, et qui lesappelaient de leurs voeux avant meinequ’ils fussenl admis chez vous ä ce titre.C’est du moins dans cette persuasionque nous avons brave tant de dangers,que nous avons entrepris un si longvoyage ä travers des pays etrangers, de-ployant pour vous servir tout le zeledont nous etions capables. Quel perm-cieux exemple ne donneriez-vouspas, stvous alliez contrarier nos vues, si vousvous opposicz, et ä votre propre delt-