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Tome premier.
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276 THUCYDIDE

phes, on se dispute pour des bomes deterritoire; mais nous, si nous sommesvaincus, nous aurons beau reculer lesnötres, nous n’en fixerons pas une seulequi ne soit conteslee. A peine auront-ilsmis le pied chez nous, que leur insatia-ble cupidite s’emparera de tout ce quinous appartient: tant il est vrai qu’iln’est pas de voisinage plus dangereuxque le leur. Toujours ces Atheniens,que le senliment de leurs fovces remplitd’audace, o nt eu, comme aujourd’hui,I’habitude d’atlaquer leurs voisins. Ont-ils affaire ä un peuple paisible et sebornant ä la defensive, avec quelle con-fiance ils poursuivent! Mais que ce memepeuple les previenne; que, sortant deses frontieres, il aille ä leur rencontre,et, s’il en trouve l’occasion, qu’il com-mence la guerre, ils ne se montrent plussi ardens. ISous-mömes en avons faitlepreuve ä leurs döpens. A la faveur denos divisions inteslines, ils avaient prisThebes; nous les avons defaits ä Coro-nee, et notre victoire, Beotiens, nousconserve jusqu’ä ce jour une parfaite sö-curite dans la Beolie. Rappelez-vous-enle souvenir, vous, 6 vieillards, pourredevenir ce que vous fütes autrefois;et vous, jeunes gens, enfans de ceshommes qui se montrerent alors si va-leureux, pour ne pas ternir l’eclat devertus qui sonl notre tresor domestique.Mettant toute notre confiance dans ledieu qui voit en eux des profanateurs,dansce dieu dont ils ont envahi et forti-fie l’hieron, encourages par les heureuxpresages que donnent visiblement lesentrailles des victimes, marehons tousensenable ä l’ennemi, et montrons luiqu’en attaquant des Iäches qui ne sedetendent pas, il pourrait assouvir sonambilion; mais qu’ayant affaire ä desnations genereuses, qui combattent tou-jours pour la liberte de leur patrie, etjamais pour asservir les autres, il ne se

, uv. IV.

retirera pas sans avoir eu des combats äsoutenir.»

Chap. 93. Pagondas, ayant ainsi dd-cide ses soldats ä marcher contre lesAtheniens, se mit aussitöt ä leur töte;car la journee etait avancee. Arrive presdu camp des ennemis, il pril un posteoü les deux armees, separees par uneöminence, ne pouvaient se voir l’unel’autre, rangea ses troupes et se tintpret au combat. Hippocrate etait ä De-lium : sur l’avis que les Beotiens appro-cliaient, il fit porter ä l’armee l’ordrede se mettre en bataille. Lui-möme ar-riva peu de temps apres, laissant ä De-lium environ trois cents chevaux pourgarder la place, si quelquedangersur-venait, et guelter le moment de tombersur l’ennemi pcndant l’action. Les Beo-tiens opposerent ä ces trois cents cava-liers un corps de troupes Charge de lesrepousser; et lorsqu’ils eurenl bien prisleurs mesures, ils parurent sur le som-met de la colline, et prirent les rangssuivant l’ordre dans lequel ils devaientcombattre. Ils etaienl environ sept miliehoplites, plus de dix milie hommes detroupes legeres, milie hommes de cava-lerieet cinq cents peltastes. Les citoyenset meteques de Tliebes formaient l’ailedroite; au centre etaient les Haliar-tiens, les Coroneens, les Copeens, etd’autres guerriers habilans des bords dulac Capaide; ä la gauche, les troupesthespiennes, tanagreennes et orchome-niennes. Chacune des ailes etaitflanqueede cavaliers et de troupes legeres. LesThebains etaient ranges sur vingt-cinqde profondeur, et les autres comme ilsse trouvaienl. Teiles furent les disposi-tions et I’ordonnance des Beotiens.

Chap. 94. Du cöte des Atheniens, leshoplites, ranges sur huit de profondeur,ordonnance de toute l’armee, etaientegaux en nombre ä ceux des ennemis.Quant aux troupes legeres qu’on avatt