277
THTJCYDI&E
gquipees , il ne s’en trouvail ni ä Far-mt«, ni dans la ville. A compter ce quis’etait mis en Campagne, elles auraientete superieures aux Beoliens; mais laplupavt avaient suivi sans armes, parcequ’on avait fait une levee generale tantdesetrangers presens que des citoyens;et celte foule n’ayant pas tarde ä rega-gner ses foyers, il n’en resta qu’un petiinombre au combat. Dejä Fon etait enordre de bataille et l’action allait s’en-gager, quand Hippocrate parcourut lesrangs pour encourager les troupes, etIeur parla ainsi :
Chap. 95. « Atheniens, mon exhor-tation sera courte; mais, süffisante pourdes braves, el le offrira un avertissementplulöt qu’un ordre. Qu’il ne vienne äl’esprit de personne qu’ötant dans uneterre etrangere, nous braverons sansbut de tres-grands pörils : dans le paysdes Beotiens, c’est pour votre sol quevous combattrez; et, si nous sommesvainqueurs, jamais les Peloponnesiens,pvivesdela cavalerie beotienne, ne fe-vont d’invasion sur vos terres. En unseul combat, vous pouvez conqucrir unpays ennemi et affermir la liberle del’Attique. Marcbez donc, et montrez-vous dignes d’une patrie dontchacun denousse glorifie, dignes de vos peres, qui,sous la condui te de Myronide, victovieuxdes mernes ennemis aux Enophytes, en-teren t en possession de la Beotie. »
Chap. 96. Hippocrate, parvenu jus-qu’ä la moitie de l’armee, n’avait pas eule temps d’avancer plus loin, quand Pa-gondas, apres avoir encourage de meineles Beotiens, entonna lepean : aussitötils descendirent de la colline. Les Athe-niens s’avancerent ä leur rencontre: desdeüx cötes on vint ä l’atlaque en cou-rant. Les cxtremiles des deux ailes,dans cbaque armee, ne prirent point depavt ä l’action, egalement arretees pardes torrens; mais le reste combattit corps
, uv. iv.
ä corps : on se poussait Fun l’aufre avecles boucliers. L’aile gauche des Beotiensfut enfoncee par les Atheniens jusqu’ämoitie de sa profondeu r. Les vainq neu rs,continuant de la pousser, chargeaientsurlout les Thespiens. Ceux de cette nation qui leur etaient opposes, flechirent,et, ren fermes dans un etroit espace, fu-rent egorges en combattanl de pres et sedefendant vaillamment. Quelques Athe-niens perdirent leur rang en envelop-pant les ennemis; et, ne se reconnaissantplus les uns les autres, ils se donnaientreciproquement la mort. De ce cöte, lesBeotiens baltus se retirerent pres deceux qui tenaicnl encore. La droite, oüetaient les Thebains, victorieuse, netarda point ä repousser les Atheniens, etse mit d’abord ä leur poursuite. Pagon-das, au moment oü l’aile gauche pliait,detacha deux corps de cavalerie, qui,sans etre apercus, tournerent la colline,se montrerent subitement, jeterent laterreur dans l’aile victorieuse des Athe-niens, qui les prirent pour une nouvellearmee. Alors, etonnes, presses des deuxcötes, rompus par cette cavalerie et parles Thebains, tous prirent la fuite. Lesuns se precipilerent vers Delium et ducöte de la mer, d’autres vers Orope,d’autres vers le mont Parnes; chacunenfin du cöte oü il esperait trouver sonsalut. Les Beotiens, surtout leur cavale-rie, et les Locriens, qui survinrent äl’instant de la deroute, poursuivirent etmassacrerent les fuyards. La nuit vintäpropos mettre fin ä ce carnage, et donnerau grand nombre la facilite de se sau-ver. Leiendemain, les debris de l’armeealhenienne, refugies ä Orope et ä De-lium , apres avoir Jaisse garnison dansDelium, se retirerent chez eux par mer.
Chap. 97 . Les Beotiens dresserent untropbee, enleverent leurs morts, de-pouillerent ceux des ennemis, et, lais-sant une gard§, retournerent a Tanagra,