Band 
Tome premier.
Seite
284
JPEG-Download
 

284 TIU.'CYMDK

diens. Ils repondirent qu’ils nc la quitte-raient pas, et demanderenl un armisticed’«n jour pour enlever les morts. Bra-sidas leur en donna deux pendant les-(juels il fortifia les habitations voisines.II assembla les habilans, et leur tint äpeu pres les niemes discours qu’ä ceuxd’Acanthe : « qu’il n’etait pas juste queceux qui l’avaient favorise dans la con-quelede la ville, fussent regardes commede mauvais ciloyens el des traitres, puis-qu’ils n’avaient eu nulle intention d’as-servir personne, et qu’ils avaient aginon par interet personnel, mais pourle bien et la liberte de la patrie; queceux qui n’avaient point pris pari ä sonentreprise ne devaient pas se croire de-chus de leurs Privileges; qu’il n’avaitapporte d’inlentions hostiles ni contrela ville, ni contre aucun particulier;qu’il avail meme, dans cet esprit, faitdeclarer ä ceuxd’entre eux qui s’etaientrefugies aupres des Atheniens, que leurattachement ä ce peuple ne leur faisaitaucun tort dans son esprit. Apresavoirconnu par experience les Lacedemo-niens, ils verraienl qu’ils n’en devaientpas attendre moins de bienveillance quede leurs anciens allies; et meine ils eneprouveraient bien davantage, parcequ’ils auraient affaire ä des hommesplus justes : pour le present, ils ne lesredouteraient que faute de les connaitre.11 les exhorlait lous ä prendre les sen-timens d’allies fideles et slables; äcroirequ’il ne leur serait impute de faule quecelles qu’ils commeltraient desormais;que le passe n’avait rien dont les La-cedemoniens dussent se tenir offenses;que les leses etaient les Toroneens eux-memes, qu’une puissance superieureavait contraints, et qu’il jugeait leur rö-sistance excusable. »

Ciiap. 115. En leurtenant de tels dis-cours, il leur rendit le courage. L’armi-gtice avec les Atheniens expire, il attaqua

, LtV. IV.

| Lecythe. Les assiegfe se defenairent| dans une place garnie de mauvais murs,

| et dans des maisons que protegeaient des: creneaux. Cependant, le premier jour,

) ils repousserent les assiegeans. Le len-j demain ceux-ci approcherent une ma-| chine destinee ä lancer des Hammes surj les fortifications de bois; eux-meraesj s’avancerent du cöte le plus faible de la| place, ob ils avaient dessein de l’appli-j quer. Les Albeniens alors eleverent unetour en bois au-dessus d’un bätiment,et y apporterent quaniile d’amphorespleines d’eau, des jarres et de grossespierres; des hommes y monterent en! grand nombre. Le poids etait trop fortpour l’edificequi lesupporlait; ilcroulasubilement ä grand bruit. Ceux desAtheniens qui etaient assez pres pouretre temoins de l’accident, en furentplus affliges qu’effrayes; mais ceux quietaient loin, et surlout lessoldats qui setrouvaient aux posles les plus recules,croyant cette partie de la place enlevde,prirent la fuite, et se precipiterent ducöte du rivage et sur les vaisseaux.

Chap. 116. Brasidas s’apergoit qu’ilsont abandonne les creneaux.Voyant l’e-croulement qui a eu lieu, il s’avanceavec son armee, empörte les murailles,et tue lous ceux qu’il rencontre. LesAthöniens, ayant abandonne la place,se refugierent dans la Pallene sur leursvaisseaux et leurs petits bätimens. Lecy-therenfermeun hieron de Minerve: Bra-sidas, avant de commencer l’attaque,avait promis de donner au premier qui, monterait ä l’assaut trenle minesd’ar-: gcnt; mais, croyant quedans la prise dufort il y avait quelque chose de surnatu-; rel, il fit offrande de trenle mines d’ar-; gent ä la deesse, et quand il eut detruit! Lecythe de fond en comble, il lui consa-cra le terrain loul entier. Le reste de l’hi-ver, il s’occupa d’affermir ses conqueteset prepara des surprises contre les places