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Tome premier.
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292 THUCVPIDE

sidas, chargös par les Lacödemoniensd’observer l’etat des choses, et ils firent,contre l’usage, partir de jeunes Spar-tiates, pour leur donner le commande-ment des villes, et empecher qu’on n’enrevetit des hommes pris au hasard. Clea-ridas, fils de Cleonyme, eut le gouver-nement d’Amphipolis; ßpilelidas, filsd’Hegesander, celui de Torone. *

Chap. 133. Le meme eie, les The-bains accuserent les habitans de Thes-pies de favoriser les Atheniens, et ra-serent les murailles de celte ville. Ilsavaient eu de lout temps ce dessein,dont l’execution devenait plus facile de-puis que, dans le combat contre les Athe-niens, Thespies avait perdu la fleur desa jeunesse. Dans cette meine saison lefeu detruisit l’hieron de Junon dansl’Argolide. Cet accident fut occasionnepar l’imprudence de la pretresseChrysisqui plaga pres d’une guirlande unelampe allumee, et se laissa surprendrepar le sommeil. L’incendie gagna sansqu’on s’en apergüt, et lout fut consume.Elle-meme, dans la crainte des Argiens,s’enfuit aussitöt, de nuit, ä Phlionte.Conformement ä la loi, ilselablirent uneautre pretresse, nommee Phainis. II yavait huit ans et demi que la guerreötail commencee quand Chrysis pris lafuile. A la fin de cet eie se termina l’in-vestissement de Scione; les Athenienslaisserent des Iroupes pour la garder, etle gros de l’armee se retira.

Chap. 134. L’hiver suivanl, ils setinrent en repos, ainsi que les Lacede-moniens, conformement ä la treve. LesMantineens et les Tegeates, avec leursallies respectifs, se livrerent un combatä Laodicee de l’Orestide, et la victoirefut indecise : chacun des deux peuplesenfonga une aile de l’armee ennemie.Les uns et les autres dresserent un tro-phee, et envoyerent chez les Delphiensune part des depouilles. Le carnage fut

!, liv. v.

grand de part et d’autre; le combat sesoutenait avec egalite quand la chute dujour y mit fin. Les Tegeates passerent lanuit sur le champ de bataille, et dres-serent aussitöt leur trophee; les Man-tineens se retirerent ä Boucolion, et,apres leur retraite, eleverent eux-memesun trophee devant eeiui des ennemis.

Ciiap. 135. Brasidas, ä la findel’hi-ver, lorsque dejä le printemps commen-gait, fit une tentative sur Potidee. II ar-riva de nuit et appliqua les echelles.Jusque lä on ne s’apergut de rien; caril avait plante son echelle dans la parliedu mur abandonnee des sentinelles, etavant que celle qui passait ä sa voi-sine la clochette d’alarme füt revenue äson poste. Au Signal donne, les assiegesse mirent sur leurs gardes : Brasidas,n’ayant pas eu le temps de monter, se re-tira promptemenl sans atlendrelejour.L’hiver finissait, et en meme temps laneuvieme an nee de la guerre que Thu-cydide a decrite.

LIVRE CINQülfiME.

Ciiapitre Premier. Au commence-ment de l’ete, la treve d’un an, qui de-vait durer jusqu’aux jeux pythiques, ve-nait d’expirer. Pendant cette treve, lesAtheniens avaient chasse les Deliensdeleurile, lesjugeant, ä cause d’un anciencrime, indignes de leur ministere sacre,et regardant comme insuffisante cetteexpialion dont j’ai parle plus haut, lors-que je rapportais comment ils avaientcru satisfaire a toutes les lois de la pu-rification en enlevant les tombeaux. LesDeliens s’elablirent en Asie, ä Atramyt-tium, que leur donna Pharnace, et oüils prirent place dansl’ordre du departet de l’arrivee de chacun d’eux.

Chap. 2. Cleon, la treve expiree, ob-tint des Atheniens l’ordre de passer dans