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tait pas, disait-il, pour l’emporter aubesoin par la sürete des precautions,mais pour cerner la place et la forcer.Arrive sur une colline naturellementfortifiee et en face d’Amphipolis , il ycampa. De lä il contemplait les vastesmarais formes par le Strymon, et la Po-sition de la ville ä l’entree de la Tlnace,11 croyait pouvoir, ä son gre, se relirersans combat; car personne ne paraissaitni sur les rempaus, ni aux porles, quitoutes etaient fermees : en sorlc qu’il sereprocliail comme une faule de n’avoirpas amene les machines : il aurait, di-sait-il, empörte la place dans l’elat d’a-bandon oü eile se trouvail.
Chap. 8. Brasidas, aussitöl qu’ila vules Atheniens se mettre en marclie, des-cendde Cerdy li am, et s’approche d’Am-pliipolis. Il ne voulait ni faire de sortie,ni se presenter devant l’enncmi en ordrede balaille. Il avait peu de confiance ensonarmee, qu’il jugeait inferieure, nonpar le nombre (sous ce rapport, les for-ces etaient ä peu pres egales de pari etd’aulre), mais par sa composition : eneffet, l’armee athenienne etait formee deciloyens d’Athenes ct des me i lleu restroupes de Lemnos et d’Imbros. Il sepreparait donc ä altaquer paar la ruse.En laissant voir aux ennemis combienses troupes etaient peu nombreuses etmal armees (car les circonstances n’a-vaient pas permis d’y mieux pourvoir),il aurait cru rendre sa vicloire plus difti-cilequ’en evitanl de les montier avant lecombat; letat oü eiles se irouvaient nepouvant inspirer que du mepris. Pre-aant avec lui cent cinquante hoplitcschoisis, il laissa le reste ä Clearidas. 11 seproposait d’attaquer brusquement lesAtheniens avant leur retraite, n’espeiantplus, s’il leur arrivait une fois des se-cours, trouver une semblable occasiond® les combattre reduits a leurs propresforces. Il rassembla donc tous les soldals
pour les encourager et les instruire deson projet, et il leur tint ce discours :*Ciiap. 9. «Braves Peloponnesiens,vous savez de quel pays nous venons ici:vous savez que, gräcea noue courage,il est toujours reste libre; que vous fitesDoriens, et que vous allez combattredes Ioniens que vous avez coutume devaincre : peu de mols suffisent pourvous le rappeier. Mais je vais vous com-muniquermonpland’allaque, decraintequ’en me voyant n’exposer qu’un petitnombre de troupes et non la masse en-liere, vous ne jugiez mes moyens insuf-fisans, et que le decouragement ne s’em-pare de vous. C’est par mepris pournous, sans doule, et dans l’esperanceque personne ne sortirait pour les com-battre , que les Atheniens sont montessur cette colline d’oü ils nous contem-plent negligemment et sans garder au-cun ordre. Quand on sait remarquer delelles fautes chez les ennemis, et em-ployer, pour les altaquer, une ma-noeuvre convenable a ses forces, pre-ferant, non une altaque ouverle et defront, mais celle dont la circonstanceindique l’avantage, il est rare qu’on nesoit pas vainqueur. Ce sont de biengloricux artifices que ceux par lesquelson trompe le plus habilement ses enne-mis pour servir le plus utilcment sesamis. Ainsi, pendanl qu’ils sont encoredans le desordre et la securite, pendantqu’ils songent moins au combat qu’äune retraite deguisee, pendanl qu’ilss’abandonnent ä un certain relächementd’esprit, je veux, sans leur laisser letemps d’asseoir leurs pensees, prevenirs’il se peut leur retraite, et, avec cesguerriers que j’ai choisis, me jeter ä lacourse au milieu de leur camp. Toi,Clearidas, lorsque tu me verras les char-ger, et probablement jeter parmi euxl’epouvante, prends avec toi les liommesque tu commandes, 4mphipolitains et