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Tome premier.
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autres allies; ouvre subitement les por-tes, et jette-toi precipitamment dans lamelde. C’est ainsi qu’on peut esperer deles baltve : car des troupes qui survien-nent apres coup sont plus terribles auxennemis que celles qui sont en presenteet qui soutiennent le choc. Montrc-toivaillant comme il convient ä un Spar-tiate. Et vous, allies, suivez-le en braves,et songez que, pour bien faire la guerre,il faut avoir de la resolution, etre sen-sible ä l’honneur et docile ä la voix deses chefs. Pensez qu’en ce jour, si vousavez du courage, vous pouvez vous as-surer, avec la liberte, le titre d’allies deLacedemone; ou bien qu’esclaves d’A-thenes, en admettant la chance la plusfavorable, que vous ne soyez ni vendusni lues, vous porterez un joug plus pe-sant que jamais, et deviendrez pour lesautres Hel lenes un obstacle ä leur deli-vrance. Vous voyez pour quels interetsvous combattez : ne faiblissez pas. Pourmoi, je montrerai qiie, si je sais exhor-ter, je sais aussi agir et comballre. »Ciiap. 10. Brasidas, apres avoir frappeles esprits de ces importantes conside-rations, prepara sa sortie, et rangea,devant les portes appelees Tliraciennes ,les troupes qu’il laissaitä Clearidas, etqui en sortiraient au moment qu’il avaitindique. On l’avait vu descendre de Ger-dylium, sacrifier ä Amphipolis dansl’hieron de Minerve, et faire loutes sesdisposilions : on l’avait vu , parce que,du dehors, les regards plongeaient dansla ville. Cleon s’etait avance pour consi-derer la place; on 1 ui annonce qu’on de-couvre dans la ville tonte l’armee enne-mie, qu’on apergoit sous les portes lespieds des chevaux et d’hommes qui scpreparent ä sortir. Sur cet avis, il s’a-vance : apres avoir tout vu, nevoulantpas risquer de balaille decisive avantl’anivecdesauxiliaires, etquoique bien»ssnrequ'il nepmivail cachersa retraite,

, LIV. V.

il donne le signal et commande quel’armee, en parlant, entame la routepar l’aile gauche pour aller sur fiione,manoeuvre la seule praticable. Mais, lajugeant trop lente, lui-möme fit retour-ner son aile droite. Brasidas voit lesAtheniens se mettre en mouvemenl; i(juge aussilöt le moment favorable:«Cesgens-lä, dit-il äceux qui l’enlouraient,ne nous altenden t pas, comme onlevoitaux mouvemens des tetes et des lances:ce n’est pas avec une teile contenancequ ’on a t tend son ennem i. Qu’on m ’ou vreles portes que l’on est convenu d’ouvrir,et marcbons ä l’instant. » Lui-memesorlil par les portes qui regardaient lapalissade, et qui etaient les premieresde la longue muraille qui existait alors;et, suivant droit ä la course le cherainoü se remarque un trophee et qu’on ren-contre dans la partie la plus fortifiee decette chaine de collines, il donna, dansl’espace laisse entre les deux parties del’armee, sur les Atheniens, qui, toutä la fois effrayes de leur desordre et frap-pes de son audace, furent bientöt misen deroute. Clearidas, suivant l’ordre,survient, avec sa (roupe, par les portesde Thrace, et fond sur les Atheniens.Cette attaque inattendue, soudaine etfaite de deux cotes ä la fois, jette parmieux l’epouvante. Leur aile gauche ga-gnait Eione et en approchait: Brasidasl’altaque, la rompt, la met en fuite.Il marchait contre l’aile droite; il hitblesse. Les Atheniens ne le virent pastomber, on i’emporta sans qu’ils s’enaperyusscnt. La droite des Atheniens te-nait ferme : pour Cleon, qui d’abordn’avait pas resolu d’atlendre l’ennemi,il prit aussilöt la fuite, et fut tue par unpeltaste myrcinien qui fondit sur lut.Ses hoplites, reunis en peloton sur lacolline, repousserent Clearidas, qui 1®chargea deux ou trois fois, et ils ne fle-ehirent que lorsque les cavaliers myru-