Band 
Tome premier.
Seite
309
JPEG-Download
 

thucydide, uv, v. 309

des Lacedemoniens, avaient nourri dansleurs coeurs l’espoir de eommander auPeloponnese. IIs envoyerent, le plus tötpossible, en depulation ä Lacedemone,Eustrophus et fisou, qu’ils cvoyaient yetre le plus en faveur : ils esperaient,en faisant avec cetle republique le meil-feur traite que permettraient les circon-stances, assurer leur tranquillite, quel-que tournure que dussent prendre lesaffaires.

Cu ap. 41 . Les deputes eurent, a leurarrivte, des Conferences avec les Lace-demoniens, sur les conditions auxquel-les ils pourraient traiter. Les Argiensdemanderent d’abord que leurs eternelsdebais au sujet de la Cynurie, contreelimitroplic, fussent remis ä l’arbitrageou d’une ville ou d’un particulier. Cepays, qui renferme les villes de Tyree etd’Anthene, est occupe par des Lacede-moniens. Ceux-ci ne consentaient pas arevenir sur cette a(Tai re; mais ils semontraient disposes, si les Argiens levoulaient, ä traiter avec eux aux mSmesconditions qui les unissaient aupara-vant. Les deputes cependant les amene-rent ä consentir ä ce qu’il füt conclu,pour le present, une alliance de cin-quanteannees; il serait permis pourtantä celle des deux nations qui le voudrait,soit Argos, soit Lacedemone, pourvuqu’elle ne prit un temps ni de contagionni de guerre, de provoquer l’autre, etde combattre pour la possession de ceterriloire, comme autrefois l’avaient faitles deux partis, se disant tous deux vic-torieux; mais on ne pourrait se poursui-vre au-delä des frontieres de l’Argolideel de la Laconie. Ges proposilions sem-blerent d’abord ridicules aux Lacede-moniens; neanmoins voulant, ä quel-que prix que ce füt, avoir les Argienspour amis, ils accederent ä la demande,et le traite fut dresse : mais, avant de leratilier, ilsvoujurenlque les deputes re-

tournassent ä Argos, afin de le commu-niquer au peuple; et, s’il en agreait lesconditions, qu’ils revinssent, aux fätesd’Hyacin the, les confirmer par serment.Les deputes se retirerent.

Chap. 42. On etait occupe dans Argosde ces negocialions, quand Andromene,Phddirne et Antimenidas, deputes deLacedemone, qui devaient recevoir desBeotiens Panactum et les prisonniers,pour les rendre aux Atheniens, trouvö-rent la place rasee par les Beotiens eux-memes. Ceux-ci s’excusaient sur le pre-texte qu’aulrefois, ä la suite de leursdifferends avec les Atheniens au sujetde cetle meme place, ils avaient recipro-quement jure que ni les uns ni les autresne l’occuperaient, mais qu’ils la posse-deraient en commun.quant aux prison-niers atheniens, Andromene et ses col-legues, les ayant regus des mains desBeotiens, les reconduisirent ä Alheneset les rendirent. Ils y annoncerent la des-truction de Panactum, croyant remplirainsi l’obligation de le rendre, puisqu’iln’y logerait plus d’ennemis de cette re-publique. Mais les Atheniens ne purentles entendre sans indignalion : le de-mantelement de cette place, qui devaitetre remise en bon 6tat, etait ä leurs yeuxun outrage de la part de Lacedemone;et ils regardaient comme une autre in-jure, que cette republique eüt contracteune alliance particuliöre avec les Beo-tiens , apres avoir pris l’engagement decontraindre en commun ä la treve ceuxqui refuseraient d’y acceder. Ils enu-meraient tous les autres points de la Con-vention qu’elle n’avait pas observes; et,se croyant trompes, ils firenl aux dd-putes une reponse tres-dure en les con-gediant.

Chap. 43. A la faveur de ces contes-tations entre Athenes et Lacedemone,ceux des Atheniens qui, de leur cöt6,voulaient rompre la treve, y tiavaill^-