THUCYD1DE, UV. V.
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plites de l’ßlide. Ils marcherent ä la ren-contre des Lacedemoniens jusqu’ä Me-thydrium d’Arcadie. Chacune des deuxarmees s’empava d’une liauteur. Les Ar-giens se disposaient ä altaquer les Lace-demoniens, pensanlqu’ils etaient encoreseuls; mais Agis, des la nuit, leva soncamp, et, ä l’insu des ennemis, prit laroute de Phlionle pour se joindre ä sesalliös. Au lever de l’aurore, les Argienss’apercevant de son depart, marcherentd’abord du cöte d’Argos, et prirent en-suite la route de la Nemee, par oü ilspensaient que les Lacedemoniens des-cendraient avec leurs allies. Mais Agis,au lieu de suivre ce chemin, fit part deson projet aux Lacedemoniens, aux Ar-cadiens et aux ßpidauriens, prit uneautre route difficile, et descendit vers laplaine d’Argos. Les Corinthiens, les Pel-lenes et les Phliasiens prirent d’un autrecöte un chemin escarpe. Quand aux Beo-tiens, aux Megariens et aux Sicyoniens,il leuv avait ete enjoint de se diriger surla Nemöe, oü etaient campes les Argiens,que l’on surprendrait par derriere avecla cavalerie, s’ils venaient attaquer Agis.Ayant ainsi distribue ses forces, Agis sejeta dans la plaine, et ravagea, entreautres campagnes, celle de Saminthe.
Chap. 59. A celte nouvelle, des qu’ilesl jour, les Argiens accourent de la Ne-in ec, et reneontrenl un corps de Phlion-tins et de Corinthiens. Ils tuerent quel-ques Phlionlins, et perdirent un nombred’hommes ä peu pres egal sous les coupsdes Corinthiens. Les Beotiens, les Me-gariens et les Sicyoniens se dirigerentsur la Nemee, suivant l’ordre qu’ils enavaient m;u, mais n’y trouverent plusles Argiens, ils etaient descendus ä lavue de leurs champs ravages, et s’elaientmis en ordre de bataille. Les Lacedemo-niens, de leur cölö, se preparerent aucombat. Ceux d’Argos se trouvaient pnsau milieu des ennemis. Du cöte de la
plaine, les Lacödömoniens, et ce qu’ilsavaient avec eux d’allies, leur ötaientroute communication avec la ville;des hauteurs descendait l’armöe dePhhonte et de Corinthe; du cöte de laNemee s’avangaient les Beotiens, les Si-cyoniens et les Megariens. Les Argiensn’avaient pas de cavalerie; car seuls deleurs allies, les Alheniens n'etaient pasencore arrives. En general, les Argienset leurs allies ne voyaient pas le malaussi grave qu’il etait; ils se croyaientmeine en bonne posilion pour livrer lecombat, et se felicitaient de tenir l’ar-mee de Lacedemone sur leur territoireet dans le voisinage de leur ville. Mais,comme les deux armees etaient sur lepoint d’engager l’action, deux honimesd’Argos, Thrasylle, Tun des cinqgene-raux, et Alciphron, proxene des Lace-demoniens , vinrent detourner Agis dedonner bataille. A les entendre, les Ar-giens etaient prfets ä terminer ä l’amiableleurs differends avec Lacedemone, äfaire la paix pour l’avenir, et ä l’assurerpar un traite.
Chap. 60. C’etaitd’eux-memeselsansl’aveu du peuple qu’ils parlaient ainsi.Agis, de son cöte, prit sur lui d’accueil-lir leurs propositions, sans se consulteravec un certain nombre de citoyens.j S’etant contenle de les communiquer äun seid homme en place qui se trouvaildans son armee, il conclut une trevedequalre mois, durant lesquels lesconven-tions devaienl etre exeeutees. Aussilötapres, il ramena ses troupes sans riendire ä aucun des allies. Les Lacedemo-niens et les allies le suivirent aveugle-menl, par oheissance ä la loi; mais ilsse plaignaient ameremenl entre eux desa conduile, persuades qu’ils venaientde perdre une belle occasion de com-battre, et qu’ils se retiraient sans avoirrien fait qui repondit ä ce que leursforces avaient d’imposant, et au moment