348 THUCYDIDE
mstruirons I’assemblee de ce qui vien-dra ä notre connaissance.» Ainsi parlace geneial; l’assemblee fut dissoute.
Chap. 42. Cependant les Atheniensetaient dejä tous ä Corcyre avec les al-lies. Les generaux firent d’abord unenouvelle revue de la flotte, et la dispose-rent dans l’ordre oü eile devait entrer enrade et se ranger en bataille. Ils en for-mörcnt trois divisions, qu’ils se parla-gercnt au sort, afin d’eviter les embarrasqu’en voguant tous cnsemble ils eussenteprouves ä faire de l’eau, ä entrer dansles porls, ä se pourvoir de munitionsdans les endroits oü il faudrait sejour-ner; alin aussi que les troupes observas-sent un ordre plus regulier et fussent plusfaciles a commander, chaque divisionn’ayant ä obeir qu’ä son chef parlicu-lier. Ils se firent ensuile devancer en Ha-be et en Sicile par trois vaisseaux, leschargeant de s’informer des villes quiconsentiraient ä les recevoir, et de re-venir ä la rencontre de la flotte, afin decommuniquer ces renseignemens auxgeneraux avant leur arrivee.
Chap. 43. Cesdispositions terminees,les Atheniens quitterent Corcyre, se di-rigeant vers la Sicile avec toutes les tri-remes, au nombre de Cent trente-quatre,et deux pentecontores rhodiennes. L’At-lique avait fourni cent de ces vaisseaux,dont soixante legers; les autres portaicntdesgens de guerre; Chios et les autresallies avaient fourni le reste de la flotte.Les hoplites etaient en loul au nombredecinq millecenthommes, dont quinzeCents citoyens d’Athenes portes sur leröle; sept Cents thctcs, valets de vais-seaux; de plus dessujels d’Athenes, desArgiens, au nombre de cinq cents, etdeux cent cinquante Mantineenssoldds.Les archers formaient en tout quatrecent quatre-vingtshommes, dont quatre-vingts de Crele : on complait sept Centsfrondeurs rhodiens, et cent vingt bannis
, LIV. vi.
de Megäre, arm6s ä la lagere. On n’a-vait qu’un seul navire pour le transportdes chevaux : il portait trente cavaliers.
Chap. 44. Teiles furent les premieresforces qui firent le trajet pour cetteguerre. Trente vaisseaux de Charge lesaccompagnaient, portant les bagagesetlessubsistances, les boulangers, les ma-?ons, les forgerons. On y avait embar-que tous les instrumens necessaires ädes constructions demurailles. Avec cesvaisseaux marchaienl cent bätimens,obliges de servir dans cette expedition.Beaucoup d’autres navires et vaisseauxde Charge allaient volontairement, etdans les vues de commerce, ä la suitede l’armee. Tous ces vaisseaux, sortisde Corcyre, traverserent en masse legolfe d’Ionie. Les uns gagnerent le capIapygie, les autres Tarente, d’autresaborderent ailleurs, suivant lesfacilitesquis’offrirentächacun.Ilscoloyerentl’I-talie, sans qu’aucune ville les re^üt dansses murs ni dans ses marches; on leurpermettait seulement de se mettre enrade et de faire de l’eau; ce que Tarenteet Locres n’accorderenl möme pas. LesAtheniens arriverent enfin ä Rhegium,promontoire d’Italie, et s’y rassemble-rent; mais, exclus de la ville, ils se vi-rent obliges de camper au dehors, dansl’hieron de Diane, oü s’ouvrit un mar-ch6. Les vaisseaux furent tires ä sec; onprit du repos, puis on entra en negocia-tion avec les Rh6giens; les priant, enqualite de Chalcidiens, de secourir lesLeontins, de müme origine. La reponsefut qu’on reslerait neutre, et qu’on sui-vrait l’exemple que donnerait le reste del’Ilalie. Les Atheniens reflechissaientsurles moyens de reussir en Sicile, et atten-daient en mSme temps, d’figeste, leretour des vaisseaux qu’ils avaient expe-dies en avant, voulant savoir si les rap-ports faits ä Athenes sur les richcssesdecette ville s’accordaient avec la verite.