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Tome premier.
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THtCYDIDE

Chap. 45. Cependant arrive de toutesparts ä Syracuse la nouvelle cerfaineque la flotte d’Athenes est ä Rhegium:eile est transmise particulierement par]es gens envoyes cn observation. Deslors plus de doute: on s’occupe avec ar-deurde tous les preparatifs; on envoiechez les Sicules, aux uns des troupespour les proteger, aux autres des ddpu-tations; on transporle des garnisons dansles places situees sur le bord de la meretqu’on pouvait approvisionner en lon-geant la cöte; on fait dans la ville la re-vue des chevaux et des armes, et Tonexamine si tout se trouve en bon etat;enfin l’on dispose tout corame pour uneguerre prochaine et möme en quelqueSorte commencee.

Chap. 46. Les trois vaisseaux revin-rent ä Rhegium, annon^ant que toutesces grandes richesses promises n’exis-taient pas, et qu’il ne se montrait quetrente talens. Les generaux se trouvaientdecourages et de cet obstacle qui se pre-sentait des le debut de rentreprise, et dece que les Rhegiens refusaient de pren-dre une pari active ä l’expedition, euxqu’on avail gagnes les premiers, et surlesquels il semblait qu’on düt compler,ä cause de l’amitie et de la communauted’origine qui les unissait aux Leontins.Nicias s’ctait atlendu ä la conduite desfigcslains; mais les deux autres gene-raux la jugeaicnl hors de toule vraisem-blance. Voici la ruse qu’avaient imagi-nee les Egestains, quand les premiersdepules d’Alhenes vi irren t prendre desinforraations sur leurs ressources. Us lesaxaient conduils ä Erix, dans l’hieronde Venus, et avaient montredes vases,des aiguieres, des cassolettes ä brüler del’encens, des richesses de toute espece:•out etait en argent, et paraissait auxyeux d’une grande valeur, sans en avoirbeaucoup. Ceux qui montaient les In-ternes furenl invites en parliculier ä des

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repas oü, pour les recevoir, on rassem-blait et tout ce qu’il y avait de vaisselled’or et d’argent ä figeste, et ce qu’onavait pu emprunteraux villes voisines,pheniciennes ou helleniques; et chacunen couvrait ses buffets comme d’un bienqui lui eüt ete propre. Presque loujoursla merne servait partout, et comme par-tout on en voyait une grande quantite,les gens des triremes dtaient dans l’admi-ration. De retour ä Alhenes, ils disaientr;ä et lä qu’ils avaient vu des richessesimmenses. Trompes eux-memes, ilspersuadaient les autres, et quand on sutqu’il n’y avait pas d’argenl ä figeste,les troupes leur adresserent de vifs ro-proches. Les generaux delibererent surles circonstances präsentes.

Chap. 47. L’avis deISiciasetaitqu’o»se dirigeät en masse contre Selinonte, cequi faisait le principal objet de l’expedi-tion . Si lesfigestains fournissaient de l’ar-gent pour toutes les troupes, d’aprescelaon prendrait un parti; sinon, ils seraientrequis de fournir de vivres les soixantevaisseaux qu’ils avaient demandüs, et l’ons’arröterait pour reconcilier avec eux,de gre ou de force, ceux de Selinonte; onpasserait ensuite en vue des autres villes,pour y montier la puissance d’Athenes,et prouveravecquel zele eile sert ses amiset ses allies; puis on retournerait dansl’Attique, a moins qu’on ne se vit en peude temps, et d’une maniere inattendue,cn etat de secourir les Leontins, ou des’attacher quelques autres villes, sanseompromettre la republique en epuisantses finances pour desinterets etrangers.

CnAP. 48. Alcibiade pr<5lendit qu’ilserait honteux, apres un si grand arme-ment , de s’en retourner sans avoir rienfait; qu’on devait envoyer des betautsdans toutes les villes, cxcepte Selinonteet Syracuse; travailler ä detacher unepartie des Sicules de la cause des Syra-cusains, et ä gagner l’amitie des autres,