554
THUCYDIDE
sembl<$e, Ics troupes, sans qu’on s’onapcrgfit , abaltirent une porte mal con-struite ct entrerent da ns I ’ngora. Ceuxqui tenaient ponr la factiou de Syracuse(celait le pelit nombre), voyanl lestroupes dans la ville, saisis d’eflfroi, seretirerent Sans bruit; les autves decrü-tcrent que l’nlliance d’Athenes seraitacceptec, et manderent de Rhegium lereste de l’armee. Les Albaniens y alle-rem, puis revinrent ä Catanc avec toutesleursforces, et y dlablirent leurcamp.
Ciiap. 52. On vint leur annoncer deCamarine qu’on se rendrait s’ils avan-qaient, et que les Syracusains appareil-laient. 11s se portent donc en masse d’a-bordcontre Syracuse; mais ne vovantdansle port aucun mouvement de vais-seaux, ils se dirigenl sans delai versCamarine, en summ les cötes, appro-cbent du rivage avec circonspection, etde leur flotte font entendrc la voix d’unheraut. Mais eile ne fut point ecoulec: |les Camarineens direnl qu’ils s’dlaient |engages par sennent ä ne recevoir ä la jfois qu’un vaisseau athdnien, ä moins jqu’eux-mömes n’en mandassent un plusgrand nombre. Les Alheniens se reti- :rerent sans avoir rien obtenu, debar-querent dans une Campagne dependantede Syracuse, cl firem du butin; mais laavalerie syracusaine etant survenue etleur ayant tud des troupes legeres dis-perses, ils revinrent ä Catane.
CnAp.55.lls rencontrerentla Salami-nienne: eile arrivait d’Athenes, appor-tant ä Alcibiade l’ordre de venir repon-dreaux accusations que lui intentait lardpublique. On mandait aussi quelques-uns de ses soldats, ddnonces commecoupables, les uns de la profanation desmysleres, les autres de la mutilalion deshermes. Apres le depart des troupes,les Alheniens ne s’etaient pas refroidissur la recherche de ces sacrileges. Sansla valeur des denonciations, et,
, uv. vt.dans leur ddfianee, acctteillant tout in-distinctement, ils arrötaient, sur fa foid ’hommes perdus, et metlaienl aux fersles plus honnöles gens : ils croyaientqu’il valait mieux semter ä fond cette.alTaire et en decouvrir la verite, que delaisser öchapper, ä cause de la bassessedu delateur, un accuse, quelquehonnötequ’il leur parOt 6tre d’ailleurs. Lepeuple| savait, par la trahison, que la tyranniedePisistrate et de ses fils avait flni paretrepesante; qu’elle n’avaitete renver-see ni par les Athöniens, ni par Harmo-dius, mais par les Lacddemoniens; ilelait donc toujours dans la crainte, toutdevenait l’objet de ses defiances.
Ciiap. 54. Un iucidentauqueiramourn’£lailpnsetranger,donnalieu ä l’auda-cieuse entreprise d’Arislogiton et d’IIar-j modius.En la racontant, je clemontrerai! que personne, sans m6me en excepter lesAtheniens, n’a parldavec exactitude deces tyrans,ni du fait dont il s’agit. ApresPisistrale, mort en possession de la ty-rannie dans un äge avance, ce ne fut pas,comme on le pense, Ilipparque, maisHippias, son fils aine, qui regna. Har-modius etait dans l’äge oü la jeunesse ale plus d’eclat: Aristogiton, citoyen demoyenne condition, l’aima et lui plut.Harmodius, recherche par Ilipparque,fds de Pisislrate, ne rdpondit point ä sesdesirs, qu’il fit connaitre ä Aristogiton.Celui-ci con?ut tout le chagrin qu’in-spire 1’amourjaloux, et, crai'gnant que; son rival n’employät la force, il resolutdes lors de meltre en usage tout ce qu’ilavait de moyens pour delruire la tyran-nie. Hipparquecependantrenouvelasestentatives aupres d’Harmodius, maistoujours avec aussi peu desucces. 11 nevoulait rien faire qui tint de la violcnee,mais il se prfparail ä l’outrager dans unecirconstance et pour une cause difficilesä expliquer, et, en apparence, etrangeres\ a sa passion; car, loin de se montier