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Tome premier.
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354 thtjcydide

de certain sur le* auteuTsde ce qui s’etaitpasse. Enfin l’on persuada ä ce prison-nierqu’il devait, fül-il innocent.s’assu-rer l’impunfle, et toutä la fois pourvoirä son propre salul et delivrer la republi-quedes soup^ons qui l’agilaient; qu’il yavait bien plus de sürete ä convenir detout hardiment, qu’äcourir les risquesd’un jugcment en persistant ä nier. IIs’accusa donc lui-meme et plusieurs au-tres avec lui de la mulilation des hermes. ILe peuple, qui avait regarde jusque läcomme un grarid malheur de ne pas con-naltre ceux qui tramaient contre lui,apprit avec joie ce qu’il croyait etre laverite. On relächa le delateur et ceux quietaient avec lui et qu’il n’accusa pas. Onjugea les accuses; on punil de mort ceuxque Ton tenait, et l’on mit ä prix la letede ceux qui avaient fui. On ignorc si lesmalheureux qui perirent furent juste-ment punis; mais au moins, dans la cir-constance, le teste des citoyens fut sou-lag«-

Ciiap. 61. Les Atheniens recevaientavidementles denonciations contre Alci-biade, toujours excites par lesennemisqui l’avaient atlaque avant son depart. !Se croyant bien instruits sur l’aflaire deshermes, la profanation dcsmysteres leurparut bien plus evidemment alors avoirle möme moiif,celui deconspirer contrel’aulorite du peuple. En eilet, dans cememe temps et au milieu des publiquesalarmes, un corps d’armee assez peu con-siderable s’etai t avance jusqu’ä 1’isthme,entretenant des intelligences avec les:Beotiens : il parut donc que ce corps Id’armee arrivait par suite de conventionsavec Alcibiade,ct non pour les Beotiens, !et que, si, sur les indicesrefus, on n’eütpas prevenu le malheur en arrelant lespersonnes denoncees, Alhenes eüt 6te :livree. On passa memeunecertainenuit!en armes dans la ville. Les hötes qu’Alci-1biade avait ä Argoe furent soupqonnes !

, IAY. VI.

de complots contre la d^moeratie, «t,par suite de ces soupgons, les Athenienslivrerent au peuple d’Argos, pour lesfaire mourir, les ötages argiens deposesdans des iles. De tous cot es les soupgonsenvelopperent Alcibiade. Dans l’inten-tion de le punir de mort, on envoya,comme ttous l’avonsdit, la galere sala-minienne en Sicile le mander, lui et tousceux qui etaient denonces. L’ordre etait,non de l’arreter, mais de lui signifierqu’il eüt ä suivre cetle galere pour venirse justifier. On usait de menagemens,de peur d’exciter des mouvemens dansles armees qui etaient en Sicile, soitcelled’Alhenes, soit celle des ennemis: maissurtout on voulait que les Mantineensetles Argiens demeurassent, et l’on attri-buait ä leur altachement pour Alcibiadela part qu’ils prenaient a cette expedi-lion. Alcibiade monla donc sur son vais-seau, lui et les autres prevenus, et ilspartirentde la Sicile ä la suite de laSa-laminienne, comme pour se rendre äAthei' pt: '. mais, arrivesa Thulium, ilscessercnt de la suivre, debarquerent etdisparurent, craignant, d’apresd’aussiviolentes accusations, d’aborder ä Athe-nes et de s’y meltre en juslice. Les gensde la Salaminienne chercherent quel-que temps Alcibiade et ses compagnons;mais, ne les ayant pas trouves, ils serem-barquerent promptement. Alcibiade,des lors banni, passa bientöt apres, surun petit bätiment, de la Campagne deThyrium dans le Peloponnese; les Alhe-niens lecondamnerentämort par contu-mace, lui et ceux qui l’accompagnaienl.

Ciiap. 62. Apres ledepartd’Aleibiade,lesgeneraux qui restaient en Sicile,ayantforme deux divisions qu’ils se parlagt-rent par la voie du sort, mirent en mer,avec toutes leurs forces, pour Selinonte,et figeste. Ils voulaient savoirsi lesEges-tains leur donneraienl cet argent la»tpromis, observer la Situation de

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