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Tome premier.
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THUCYDIDE, LIV. YI.

semblent plus propres ä donner de laconfiance, que he le seraient de bellesparoles avec une armee faible. Ici setrouvent des guerriers d’Argos, de Mar-linde, d’Athenes, les plus belliqueuxd’entre les insulaires; et comment, avecde tels allies, et si nombreux, ne pascompter sur la victoire, surtout quandon ne nous oppose que des gens ratnas-ses au hasard, des gens qui nesont pas,conime nous, l’elite de la patrie, et,pour direencoreplus, des Siciliens, quicroient n’avoir pas a nous redouter, etqui ne tiendront pas contre nous, parcequ’ils ont moins d’habilele que de pre-somption? Songez aussi que vous etesloin de volre pays, et que vous n’aurezde terrain ä vous que celui que vousemporlerez par la force des armes. Nosennemis, j’en suis sür, s’animent entreeux en se rappelant qu’ils vont combat-tre au sein de la patrie et pour leursfoyers: et moi je vous represenle aucontraire que ce n’est poinl dans votrepatrie que vous combaltrez; qu’il faut■vous rendre maitres de celte terre, ouque vous n’en sorlirez que difficilement,rar vous serez accables par une formi-dable cavalerie. Enflammes par le Sou-venir de vos exploits, attaquez vivementvos adversaires, et croyez que la neces-site qui vous presse est plus ä redouterquel’ennemi. »

Chap. 69. Aussitöt apres cettc exhor-lation,Niciasmenases soblats äl’action.Les Syracusains ne s’atlendaient pas äcombattre si promptement : plusieursetaient alles ä la ville , qui n etait paseloignee; merne en accourant, ils arri-vaient un peu tard; chacun se rangeaitäu hasard avec les premiers corps qu’iltrouvait formes. Danscecombat, commedans les autres, ils ne manquaient indardeur ni de courage; aussi long-lem P s que les soulenait leur habilete,ils disputaient de valeur avec l’ennemi,

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et ce n’elait que le defaut d’expdriencequi trahissait leur volontö. Ilsn’avaientpas cru que les Athcniens dussent alla-quer les premiers: obligesde sedefendreä la bäte, ils prirent les armes et allerentä leur rencontre. Des deux cötes, lespierriers, les frondeurs et les archerscommencerent l’aclion, et, suivant lacoutume des troupes legeres, se mirentreciproquement en fuite. Les devins of-frirent bientöt les viclimes d’usage, etles trompettes donnerent aux boplites lesignal de la melee. Les deux armeess’ebranlent: les Syracusains ont ä de-fendre leurs foyers, leur existence pourle moment, et dans l’avenir leur inde-pendance; les Atheniens combattentpour une terre etrangere qu’ils veulents’approprier, et craignent, par une dd-faite, de compromettre le sort de leurpropre patrie; les Argiens et les autresallies libres, pour parlageravecAthenesles depouilles qu’ils ont tous convoitees,et retourner victorieux dans leur proprepatrie; les allies sujels, d’abord pourleur salut, qu’ils ne peuvent trouverquedans la victoire, ensuitepourun interetaccessoire, pour se rendre ä eux-memesleur condition meilleure lorsqu’ils au-raient concouru ä soumettre un autrepeuple.

Ciiap. 70. On en vint aux mains: onopposa de pari etd’autreunelongueetvive resistance. II survint des coups detonnerre, des eclairs et une forte pluie,en sorte que, dans l’äme de ceux quicombatlaient pour la premiere fois etn’avaient nulle idee de la guerie, ce de-sordre des elemens ajoutait ä leurs crain-tes. Les vieux soldats, ne voyant dar*cet orage qu’un effet naturel de la saison,etaient bien plus effrayes de voir queleurs adversaires ne flechissaient pas.Mais d’abord les Argiens ayant repoussela gauche des Syracusains, et ensuiteles Atheniens ce aui leur etait onnose,