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THUCYDIDE
Cuap. G5. Les generaux syracusains,dejä pleins de confiance, et qui meme,avantd’avoirre<?ucetavis, se disposaienlä marclier contre Catane, ajouterenl feitrüs-legerement ä ce que leur disait cethomme,el, prenant jour aussitöt pourl’exöcution, ils le congedierent. Dejäsont arrives plusicurs des allies , entreautres ceux de Selinonte; l’ordre de sor-tir est donne ä tous les Syracusains.Toutes les dispositions faiies, ä l’appro-che du jour dont on est convenu, ils semellent en marche pour Catane , etcampent pres du fleuve Simethe, dansles campagnes de Leontium. Instruitsde ce depart pour Catane, les Atheniens,et tout ce qui se trouvait avec eux deSicules ou autres venus ä leur secours,montent leurs vaisseaux et leurs pelitsbätimens, et, vers la nuit, font voilecontre Syracuse. Ils descendirent, aulever de l’aurore, ä ce poste de l’Olym-pium, pour y elablir leur camp. Maisbientöt les cavaliers syracusains, arrivesles premiers ä Catane, s’apen;oiven( quetoutel’armee est en mer: ils retournenten diligence vers l’infanterie, et tousensemble se mettent en marche pouraller au secours de Syracuse.
Chai>. 66. Comme ils avaient beau-coup de chemin a faire, les Athenienseurent le loisir de se retrancher dans unposte qui les rendait maitres, parsa Si-tuation, d’attaquerquand ils voudraienl,et oü la cavalerie ennemie ne pourrailles incommoder, ni pendant, ni avantl’action. En eflel, d’un cöte ils etaientflanques'de murs, de maisons, d’arbreset d’un marais; et de l’autre, de lieuxescarpes. Ils couperent des arbres dansles foröts voisines, les porterent sur lebord de la mer, et planterent des palis-sades aupres de leurs vaisseaux ainsique sur la rive du port Dascon. Aux en-droits oü la descente etait plus facile,ils avaient eleve ä la bäte des fortilica-
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tions en pierres brules et en bois, etrompu le pontde l’Anapus. Personne,tant qu’ils furent occupes de ces prepa-ratifs, ne somit dela ville pour y met-tre obstacle; mais enfin parurent les ca-valiers syracusains, que bientöt suivitPinfanterie tout entiere. Ces troupesreunies s’avancerent d’abord (res-presde l’armee athenienne; mais, voyantqu’on ne venait pas au-devanl d’elles,elles firent retraite, traverserent la voieIlelorine, et bivouaquerent.
Chap. 67. Le lendemain, les Alhe-niens et leurs allies se preparerent aucombat et se rangerent ainsi: les \r-giens et les Mantineens avaient l’ailedroite; les Atheniens, le centre; le restedes allies, l’aile gauche. La moitie deleur armee, placee en avant, etait surhuit de profondeur; l’autre moitie, pla-cee pres des lentes, et pareillement surhuit de profondeur, formait un earrelong, et avait ordre d’observer surquelspoinls l’armee souffrirait, pour y porterdu renfort. Les porte-bagages etaientcouverts par ce corps de reserve. Lesgeneraux syracusains rangerent, surseize hommes de hauteur, et les hoplites,tous Syracusains, sans distinction ni dedigniles ni d’ägc, et ce qu’ils avaientd’allies lideles. On comptait parmi cesauxiliaires d’abord les Selinontins, en-suite les cavaliers de Gela, au nombreen tout de deux cents; environ vingtcavaliers et cinquanle archers de Cama-rine. Ils placerentsur la droite la cava-lerie, qui n’avait pas moins dedouzecents hommes, et pres d’elle lesgensdetrait. Au moment oü les Atheniens al-laient attaquer, Nicias passa successive-ment devant les troupes des differentesvilles, et anima leur courage ä peu presen ces termes:
Chap. 68. « Est-il besoin d’adresserun long discours ä des hommes qu anime un meme interet? Vos forces m«