Band 
Tome premier.
Seite
362
JPEG-Download
 

362 TIIUCYDIIIE

punis comrae auteurs des dangers quenous aurons courus. Examinezdonc, etchoisissez entre une servitude qui vousmel pour le moment ä l’abri des dan-gers, et l’avantage de vaincre avec nous,de ne pas vous donner honleusementdesmaitres, et deviternotrehaine, quine serait pas de courte duree. »

Ciiap. 81 .Tel Tutlediscoursd’Heimo-ciate. Apres lui, Eupbemus, deputti d’A-thenes, parla ä peu pres en ces tennes :

Ciiap, 82.«Nous n’etionsrevenus quepour renouveler avee vous une anciennealliance; mais, le depute de Syracuses’elevant conlre nous, il convient demonlrer que les Albaniens ont droit äJ’empire qu’ils possedent. Lui-memea eite le plus fort temoignage en notrefaveur, en disant que de tout temps lesIoniens furent les ennemis des Doriens :lefaitestvrai;etc’estcnqualited’Ioniensque nous avons cherche les moyens den’fetre pas soumis aux peuples du Pelo-ponnese , Doriens, plus nombreux quenous, et voisins de notre pays, Quand,apres la guerre des Medes, nous eümesacquis une marine, nous repoussämesla dominalion et le comtnandemeni desLacedemoniens, parcequ’il ne leur ap-parlenait pas plus de nous Commanderqu’änous de leur donner des ordres; j’enexcepterai le temps oü ils furent les plusforls. Reconnus pour chefs des peuplesauparavant soumis augrand roi.si nousavons pris sur eux la preeminence, c’estque, pour nous soustraireä la domina-tiondu Peloponnese, il fallait avoir uneforce capable de lui resister. Et, ä direvrai, cen’esl pas injustement que nousavons reduitces Ioniens, ces insulairesque les Syracusains nous reproebentd’avoir asservis, quoiqu’ils eussent avecnous une raeme origine. 11s s’etaient ar-mes avec le Mede conlre la mere patrie,conlre nous; ils n’avaient pas ose de-truire leurs proprietes, coinme nous,

, uv. VI.

qui avions abandonnö notre ville. Apresavoir d’eux-memes cboisi la servitude,ils voulaien t nous i inposer le mdme joug.

Ciiap. 83. « D’apres ces considera-tions, si nous avons l’empire, cerlesncus en sommes dignes; nous que IcsHel lenes ont vus fournir, avec un zele ütoute öpreuve, le plus grand nombre devaisseaux; nous qui avons eu ä souflrirmömede la part des Ioniens, qui pros-tituaient aux Medes une afloction qu’ilsnousdevaienl; nous qui nevoulions nousrendre redoutables qu’aux seuls peuplesdu Peloponnese. Nous ne recourrons pasä de vains discours pour monlrer quenous avons un droit acquis au cornman-dement, soit pour avoir seuls detruit lesBarbares, soit pour avoir brave les dan-gers plus encore pour la liberte de cesIoniens que pour celle de tous les Hel-lenes et pour la notre : or on ne peutblämer un peuple de pourvoir au salutde peuples qui ne lui sont pas elrangers.Aujourd’bui, c’est pour notre sürele quenous sommes venus eil Sicile, et nousvoyons que nos interets sont les vötres.Nous le demontrons et par les calomniesmeines de ces deputes, et par les ideesde defiance qu’ils vous inspirent et quiexcitent principalement vos craintes,Nous le savons, au milieu des alarmeset des soupr;ons, on peut au premier mo-mentetreseduitpar un discours flatteur;mais ensuite, lorsqu’il est queslion d’a-gir, on finit par faire ce qui est utile; eneffet, c’est par crainte que nous noussommes saisis de la doinination surl’Uellade; par le meme sentiment nousvenons clablir en Sicile, avecl’aidedenos amis, l’ordrequi convient ä notreSürele, non pour les asservir, mais pourles soustraire a la servitude.

Ciiap, 84. « Et qu’on n’objecle pasqu’il ne nous apparlenait point de nousmonlrer vos defeuseurs. Si vous subsis-tez, si vous n’ötes pas trop faibles pour