366 THCCYDIDE
tinuais ä me montrcr si zölc pour vosinteröts, vous vous 6tes reconcilies avecAlhenes, et, en employant pour cettereconciliation l’entremise de mes enne-mis, vous avez releve leur credit etabaisse le micn. Pique de cette offense,j’eus droit de chercher ä vous nuii'e,soit en me dcclarant en faveur des Man-lineenset des Argiens, soit en d’aulrescirconstances. Si donc vous m’en vou-liez, quoique injustement, Iorsque jevous desservais, vous changerez de dis-position en considerant levrai motifquim’a fait agir. De möme, si quelqu’unme juge defavorablement sur ce que"inclinais davantage pour le pari! popu-laire, qu’il sache que sur ce point en-core ses prevenlions sont mal fondees.Nous fumes, il est vrai, toujours enne-mis des tyrans : lout ce qui s’oppose aupouvoir absolu s’appelle parti democra-tique; or, c’est d’apres cette tendanceque s’cst soutenue la consideralion quim’a place ä la töte du peuple. Athenesso regissant par le gouvernement popu-laire, il etait necessairedesuivre lemou-vement imprime par les circonstances.Cependant nous avons täche, quoiquelechampfütouvertä la licence, de nousfaire une polilique moderee. Mais il yeut, des les temps anciens, et il exisleencorc de nos jours, des gens qui en-trainent la multitude aux plus meprisa-blesexees:cesonteux qui m’ontcbasse.Tant que j’ai öte ä la tele des affaires ,j’ai pense qu’une röpubliquc puissanteet libre devailölre mainlenue dans l’etatoft on la trouvait. Quant ä la democralieen elle-meme, tous les gens senses la ju-geaient; moi-memej’etais aussi capablede l’appröcier que je serais ä present enelat de m’en moquer : mais on nedirait rien de nouveau sur ce modede gouvernement et sur ses follesdoelrines. Le cliangcr cependant etaitune »aureprise qui ne mc semblait pas
, UV« Yl.
exempte de pöril Iorsque vous ötiez änos portes.
Ciiap.90. « Voilälesfaitsrelatifsauxpreventions qui peuvent m’ötre con-traires. Quant aux objets de votre deli-beration, sur lesquels, mieux instruitque personne, je vous dois des öclaircis-semens, öcoutez avec attention. Nousavons passe en Sicile pour essayer denous soumettre d’abord les Siciliens, etapres eux les pcnples de l’Italie; pourtenter ensuile d’assujettir Carthage et lespays de sa domination. Si ces projetseussent pu reussir en tout, ou du moinsdans leur plus gründe partie, nous de-vions alors altaquer le Pöloponneseavecles nouvelles forces qu’auraient ajouteesä notre empire les Hel lenes de Sicile,un grand nombre d’etrangers soudoyes,et des Iberes et au (res Barbares reputesgeneralement les plus belliqueux de cescontrees. L’Italie fournil du boisen abon-dance, et independamment des trirömesque nous avions dejä, nous en construi-sions un grand nombre, et nous assid-gions le Peloponnese; et par mer, avecdes vaisseaux, et par terre, en faisantdes incursions avec des troupcs de terre.Nous enlevions des villes par force, nousen investissions d’autres, et nousespÄ-rions, ä la suite de ces conquetes, eten-dre notre empire sur tous les Hellönes.Quant aux subsides et aux vivres, lesvilles conquises devaient nous en four-nir suffisamment, sans qu’il fütbesoinde recourir aux finances d’Alhenes.
Ciiap. 91. Vous venez d’enlendredela bouebe d’un liomme qui doit les bienconnailre, quels etaient nos projets dansl’expedilion que nous venons d’entre-prendre : les göneraux qui reslent lessuivront s’ils peuvent. Apprenez main-tenant que la Sicile ne peut tenir si vousne la secourez. Les Siciliens, quoiquemanquant d’habilete, pourraientcepen-daul, s’ils se reunissaient tous, cchapper