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THÜCYßIDE, LIV« Yt.
encore au danger: mais les Syraeusains,isoles, dejä vaincus dans une balaille oüils avaient risqu6 toutes leurs forces, etcontenus par une flolle ennemie, nepourront resisfer aux Iroupes que lesAthdniens ont fransportees dans ce pays;et, cette ville prise, on est mailre de laSteile, et bientot de l’Itafie. Iteslorscemalheur, dont je vous menaqais tout äl’heure, ne taidera pas ä tomber survous. Croyez donc que vous n’aurez passeulement ä deliberer sur la Sicile, tnaissur le Peloponnesc lui-merne, si vousn'executcz Sans delai ce que je vais vousdire. Failes passer en Sicile une armeedom les hommes puissent 6tre rameursdans le passage et soldats ä leur arrivee;et, ce que je crois plus utile encorequ’une armee, envoyez pour general UnSpartiale, qui reunisse sous un memocommandement tous les allies qui sontactuellement dans ce pays-lä, et qui comtraigne au Service ceux qui voudraients’yrefuser. Ainsi vos amis declares pren-dront plus d’assurance; les peuples quih4sitent viendront ä vous avec moins decrainte. 11 faut en möme temps pousserici la guevre plus franchement; alors lesSyracusains, ne doutant plus de votreattachement, feronl plus de resislancc,et les Atheniens enverront moins denouveaux renforls ä leur armee. Forti-fiez Dtoilie dans l’Attique t voilä ceque les Athtiniens ont toujours le plusredoute; voilä le seul malheur qu’ilscroient n’avoir pas eprouve dans laguerre. Or le plus sür moyen de nuireä ses ennemis, c’est de leur faire le malqu’on sait qu’ils redoutent davantage:rar probablement ils connaissent et np-prehendent ce qui peut leur nuire. Sansdetailler les avantages que vous retircrezdeces fortifications et ceux dont vouspnverez vos ennemis, je vais exposer enF u de mots les plus considcrables. Ceabonde en riqhesses dont vous sai-
sirez une pavt et dont l’aulre portionviendra ä vous d’elle-m6me. Les Albe-niens pvendront aussitöt le produit deleurs mines d'argent du Laurium, ettout ce que leur rapportent et le terri-toire et 1’administration de la justice.Mais surtout ils verront diminuer les re-venus qu’ils tirent de leurs allies: ceux-cidedaigneront de les leur paver, regardantdes lors Atbenes comrne votre conquete.
' Chap.92. « De vous, Lacedemoniens,depend l’execution vive et prompted’une partie de ce plan : pour moi, j’es-pere fort qu’il reussira, et, j’ose le croire,mon attente ne sera pas trompee. Ceque je demande, c’est qu’on ne prennepas de moi une opinion desavantageuse,surce qu’aulrefois je semblais aimer mapatrie, et que maintenant vous me voyezpret ä l’attaquer de tout mon pouvoir,de concert avec ses plus grands ennemis.Je demande encore qu’on n’attribue pasmes paroles ä cette effervescence ordi-naire ä l’äme d’un proscrit. Un proscrittel que moi fuit devant les mechans quile persecutent, mais ne reculenullementä la pensöe de vous servir, si vous pre-nez confiance en lui: je tiens moins pouradversaires ceux qui, ainsi que vous,ont,dans l’occasion, fait du mal ä leursennemis, que ceux qui ont force leursamis ä deveniv ennemis. L’amourdelapatrie est un sentiment tout-puissantsurmon ämequand la patrie me laisse vivreen sürete dans son sein, et non plusalors qu’elle m’opprime. D’ailleurs jeme considere, non comme allant atta-quer une patrie encore existante, maisplutöt comme voulant reconquerir unepatrie qui n’est plus. Le veri lable ami deson pays n’est pas l’homme pusillanimequi, injustement exile, s’abstient d’yrentrer ä main armee; mais le citoyenqui, ä tout prix, et parce qu’il l’aimepassionnement, s’efforce de recouvrerso» hcritage. Je vous invite donc, Lac6*