373
THUCYDIDE
la Laconie, et ä se retirer apres ea avoirdevastüquelquefaiblepartie, ilsl’avaientrefuse; mais en ceite occasion, sous lecommandement de Pythodore, de Laes-podius et de Demarate, descendus ä Epi-daurc-Limera, ä Prasie, et end’autrescampagnes, ils les avaient saccagees: cequi donnait auxLacedemoniens un justemotif de se defendre contre eux. Apresle depart des Lacedcmoniens, et quandles Atlieniens eurem quitle l’Argolide etse furent rembarques, les Argiens se je-terent sur la Phliasie, devasterent leschamps, tuerent du monde, puis ren-trerent chez eux.
LIVRE SEPTIÜME.
Ciiapitre Premier. Gylippe et Pythen,apres avoir radoube leurs vaisseaux,iongerenl la cöte depuis Tarente jusquechez les Locriens Epizepliyriens. Bieninformes que Sy racuse n’etait pas encoreentierement bloquee,et qu’on y pouvaitentrer par Epipoles, ils delibererent s’ilstenteraient d’y aller par mer, ayant laSicile ä leur droite, ou si, ayant la Sicileä leur gauche, ils vogueraient d’abordvers Hintere pour y prendre aveceux leshabitans et tout ce qu’ils pourraient en-gager dans leur service, et aller ensuiteä Syracuse par terre. Ils se decidercntd’autant plusvolontiers pour la derniereroute, que les qualre vaisseaux envoyescontre eux par Nicias, qui les savait äLocres, ne paraissaient pas encore. Ilsles previnrent, franehirent la longueurdu d&roil, et, apres avoir re lache ä Rhe-gium et ä Messene, arriverent ä Himere,y mirent leurs vaisseaux ä sec, et per-suadereni aux habitans de les seconder,de les suivre, et de fournir d’armes ceuxdesgens de leursequipages qui en man-quaient. Ils envoyerent chez lesSelinon-Uns,et leur indiquerent un rendez-vous
, uv. vn.oü ils les prierent de venir au-devantd’eux avec toules leurs forces. Les habitans de Selinonte promirent d’envoyerquelques troupes, en pelit nombre; lesciloyens de Gel a et quelques S icules firentla meine promesse. Ces derniers mon-traient bien plus de zele qu’auparavant:Archonidas, prince puissant, ami d’A-thenes, et qui, de ces cötes, v('ignait surune partie des Sicules, etait mort depuispeu. Ils etaient encore animes par l’ideeque Gylippe agirait vigoureusement. Cegeneral, emmenant ce qu’il avait pu ar-mer de malelots et desoldats de marine,au nombre de sept cents, les hoplites etles troupes 16geres d’Himere, qui for-maient ensemble mille hommes, centcavaliers, quelques troupes legeres deSelinonte, des cavaliers de Gela, en tres-petil nombre, et des Sicules au nombrede mille en toui, marcha vers Syra-cuse.
Chap. 2. Cependanl les Corinthiens,partis de la Leucadie avec les autres vais-seaux, mirent toutela celerite possibleä secourir Syracuse. Gongyle, l’un desgeneraux de Corinthe, parti le dernieravec un seul vaisseau, y arriva le pre-mier, peu de temps avant Gylippe, ettrouva les Syracusains disposes ä capi-tuler. II les en detourna, et parvint ä lesrassurer,en leur apprenanlque d’autresvaisseaux lesuivaient, et qu’ils allaiemvoir arriver, en qualile de general, Gy-lippe, fils de Cleandridas, que leur eu-voyait Lacedemone. Les Syracusains re-prirent courage, et sortirent avec toutesleurs troupes ä la renconlre de Gylippe,ayant appris qu’il n’etait pas loin. Cegeneral prit en passant Iegues, forteressedes Sicules, mit ses troupes en ordre debataille, vint ä Epipoles, monta par Eu-ryele, cotnme avaient fail auparavantles Atlieniens, et, ayant opörc sa jonc-tion avec les Syracusains, marcha auxrelranchemens ennemis. Au motnent