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Tome premier.
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TnUCYDIDE

mer, & l’embouchure de l’Hylias, ety passerent la nuit. Lein- flotte y vintau-clevant d’eux. Ils la monlürent le len-demain, raserent ]a cöle, prenant terredevant chacune des villes, exceptecelles des Locriens, et arriverent enfinä Petra, place du territoire des Rhe-giens.

Ciiap. 56. Cependant les Syracusains,apprenant qu’ils etaient en mer, reso-lurent de hasarder encore un combatet sur mer et sur terre, avec l’armeequ’ils avaient rassemblee dans le des-sein de prevenir l’arrivee du renfort.Ils firent, dans la construction de ieursvaisseaux, des changemens dont le pre-rfdent combat avait demontre la neces-sit£: ils rendirent les proues plus courteset plus fortes, y fixerem des oreiiles plustfpaisses, et ä ces oreiiles ils adaptererit,le long des parois des vaisseaux, deselan^ons de six coudües en dedans eten dehors : c’etait ainsi que les Corin-thiens, pour le combat de Naupacte,avaient ajuste les proues de leurs bäti—mens. Les Syracusains se promeltaientla superiorilC* sur les navires atheniens,moins ren forces et faibles de la proue,parce que leur usage 6tait d’altaquer,non en s’avan^ant de front contre lesproues des ennemis, mais en les pre-nant par le llanc. Ils croyaient aussirpfil leur serait avantageux de com-battre dans le grand port, oü l’espaceserait ßtroit pour un grand nombre devaisseaux; qu’en donnant de la proue,etpresentant l’atlaque avec de larges etsolides «üperons, contre des vaisseauxqui manquaient d’epaisseur et de soli-de, ils en briseraient sans peine lesavans; que, dans un espace resserre, lesAth&aiens ne pourraient ni lourner laflotte, ni s’ouvrir un passage a travers,tnanoeuvre dans laquelle ils metlaientla plus grande confiance. Tous leurs ef-foneseraient employes ä ne pas laisser

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rompre leur ligne, que le peu d’espacepreserverait d’ailleurs d'fitre tour nee. Ilsemploieraient avec succfes la manoeuvrequi, dans le premiercombat, avait paruignorance de la part des pilotes, laquelleconsistait ä heurter proue contre proue:les Atbeniens repoussds ne pourraientreculer que vers la terre, ä la häte,dans un lieu resserrd, dans un camp.Ilsseraient, eux Syracusains, maitresdu reste du port; et les Atheniens, dansle cas oü ils seraient forces, se porte-raienl dans un lieu Stroit (le Mychos),tombant p6le-m6le les uns sur lesautres:desordre qui, dans toutes les bataillesnavales, avait singulierement nui auxAtheniens. Tandis que les vaisseaux sy-racusains auraient l’avanlage de s’elan-cer de la pleine mer ä J’attaque, et dereculer ensuite ä leur gre, les Atheniensne pourraient ni reculer ni se mouvoircomme eux dans toule l’cnceinte duport, posilion d’autanl plus critiquequ’ils auraient contre eux, et Piemmy-rium et l’entree resserree du port.

Ciiap. 37. Les Syracusains, ayantainsi ajoute ä leurs connaissances et äleurs forces, et se irouvant en mömetemps plus encourages par le succes dudernier combat naval, attaquerent ä lafois avec les troupes de terre et avec laflotte. Gylippe, un peu avant que lesvaisseaux se missent en mouvement,avait fait sortir les troupes de terre, etles avait menees aux lignes des Athe-niens sur loufe l’etendue qui regarde laville; tandis que, de 1’autre cötö de cesouvrages, accourait, par son ordre, toutce qu’il y avaitäl’OIympiumd’hoplites,de cavalerie et de troupes legeres. Aussi-lötapres se mirent en mer les vaisseauxdes Syracusains et des allies. Les Athe-niens, qui d’abord s’attendaicnt ä nevoir agir que les troupes de terre, furenttroubles en voyant aussi lout-ä-coup laflotte s’avancer, Les uns se mettaient en

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