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Tome premier.
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392 TUUCYDIDE

möme qu’il füt differd davantage, pen-dant qu’on pouvait encore et faire letrajet et forcer le passage, du moinsavec les vaisseaux qui venaient d’arri-ver. II importait plus, disait-il, ä larepublique de eombattre ceux qui ve-naient d’elever une forteresse sur sonterritoire, que les Syracusains, deve-nus difficiles ä soumettre; et la raisonne voulait pas qu’on perdit son tempsä un siege lointain, ruineux et continuesans espoir de succes. Tel fut l’avis deDdmoslhene.

Chap. 48. Nicias voyait bien lui-möme le mauvais etat des affaires,mais il ne voulait ni l’avouer ouver-tement, ni que les generaux, agitant,au milieu d’un nombreux conseil, laquestion du retour, se rendissent eux-mömes, aupres des ennemis, les por-leurs de cette nouvelle; car lorsqu’ilsvoudraient en venir ä l’execution, ilsne pourraient plus leur en faire un se-cret. D’ailleurs, connaissant mieux quepersonne l’etat des assieges, il esperait,si l’on prenait patience, que leurs af-faires empireraient, que leurs financess’epuiseraient, surtout depuis que lasuperiorite de la flotte rendait les Athe-niens maitres de la mer, outre que leparti qu’il avait ä Syracuse et qui vou-lait lui livrer la place, lui defendaitpar des emissaires de se retirer. Nicias,instruit de toutes ces choses, etait reel-lcment incertain du parti ä prendre;cependant il declara nettement qu’il nerem mene rait pas l’armee. « Les Athe-niens, disait-il, nejugeront pas vos rai-sons assez fortes pour autoriser votredepart sans un decret; de retour dansvotre palrie, ce ne sera pas vous quiprononcerez sur vous-memes, qui juge-rez en voyant les affaires comme vousles voycz ici, oü vous n’fetes pas reduilsä fonder votre opinion sur les invecliveset les deciamations de perfides accusa-

, LIV. VII.

leurs : vous aurez pour juges une mul-titude disposee ä croire tout orateurdont l’eloquence appuiera vos calom-niateurs. Des soldats, et pour la plupartceux qui mainlenant, dans l’armee,s’ecrient qu’ils sont ä l’extremite, necrieront-ils pas aussi haut ä leur arrivee,mais dans un sens contraire, represen-tant les generaux comme des traitresqui auraient regu de l’ennemi le prix deleur retraite? 11 ajoutait que, pour lui,connaissant le caractere des Atheniens,il aimait mieux perir, s’il le fallait,dans le combat et de la main des enne-mis, que eondamne par ses concitoyensä une mort injuste et ignominieuse;que les affaires des Syracusains etaientencore pires que les siennes ; qu’ils de-frayaient des troupes elrangeres, et fai-saient beaucoup d’autres depenses enfortifications autour de leur ville; que,depuis une annee, entrelenant une flotteconsiderable, ils se verraient bienlötsans ressources; qu’ils avaient dejä de-pense deux mille lalens, sans comptertout ce qu’ils devaient; que s’ils fai-saienlsubir des reduclionsä leur armee,en cessant de soudoyer des troupes, ilsruineraient leurs forces, lesquelles con-sistaient plulöt en allies libres, qu’enhommes necessairement attaches au Ser-vice , comme ceux dont se composaientles armees atheniennes : qu’on devaitdonc s’opiniätrer au siege, et ne passeretirer en se croyant vaincu par la supe-riorite des richesses, comme si celles del’ennemi etaient en effel superieures.»

Ciiai*. 49. Nicias parlait avec assu-rancc, bien informe de l’etat de Syra-cuse ct de lepuisement du tresor pu-blic; d’intelligence avec un parti quivoulait livrer la place aux Atheniens,et qui, par un messager digne de foi,lui donnait avis de ne pas se retirer, etpurce qu’en meme temps il mettailbeaucoup plus de cQnfiance qiraiqiaia-'