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Tome premier.
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et difficilement se reconnaissait-on äla voix. Les Syracusains et Ies alliesvictorieux s’animaient les uns les au-tres ä grands cris, n’ayant pas d’aulressignaux ä donnerdans l’obscurite, et enmeine temps recevaient vigoureusementce qui se portait contre eux. Mais lesAtheniens se cherchaient eux-niemes,et tous ceux qu’ils rencontraient, mSrneamis, ils les prenaient pour des ennemisä la poursuite de ceux des leurs quifuyaient. Faute d’autres moyens de sereconnaitre, ils se demandaient ächa-que instant le mot de ralliement, et enledemandant tous ä la fois, ils seje-laient eux-memes dans une exfrömeoonfusion et apprenaient ce mot auxennemis; mais ils n’apprenaient pas dememe celui des Syracusains, qui, vic-lorieux et non disperses, avaienl moinsde peine ä se reconnaitre. Se trouvaient-ils en force, l’ennemi qu’ils rencon-traient et qui savait le mot, leur eehap-pait : mais si eux-memes ne repon-daient pas, on les massacrait. Ce quileur nuisit le plus, ce fut le chant dupean, qui, ä peu pres le meme desdeux cötes, les jetait dans l’incertitude.les Argiens, les Corcyrdens, et toutcequ’il y avait de Doriens dans l’armeed’Alhenes, ne pouvaient lechanter sanseffrayer les Atheniens, qu’effrayait ega-lement celui des ennemis. Le desordreune fois mis entre eux , partout oü ilsse rencontraient, ils ne s’en lenaientplus ä s’effrayer, ils se chargeaient: onse battait amis contre amis, citoyenscontre citoyens, et l’on avait peine äse separer. La descente d’Epipoles etantetroite, la plupart, poursuivis, se je-taient du haut des roches escarpees etperissaient. Ceux qui, sans accident,parvinvent a descendre dans la plaine,se sauverent presque (öus ä leur camp,surtout les soldats de la prcmierc ar-m ee, qui connaissaienl tnieux le pays;

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mais plusieurs des derniers armes, setrompant de cliemin, errdrent gä et ladans les champs. Le jour venu, la ea-valerie syracusaine les ponrsuit, lesenveloppe, les massacre

Chap. 45. Le lendemain, les Syra-cusains dresserent deux trophees : l’una fipipoles, par oü les ennemis etaientmontds; l’autre ä l’endroit oü les Beo-tiens avaient les premiers resisle. LesAth6niens demanderent et obtinrenl lapermission d’enlever les morts. Eux etleurs allies perdirent beaucoup d’hom-mes, mais encore plus d’armes; car deceux qui avaient ete forces de se prd-cipiter, sans bouclier et sans armes, duhaut des rochers, les uns avaient peri,d’autres s’etaient sauvös.

Chap. 46. Animds par unsucces ines-pere, les Syracusains retrouverent leurpremier courage, et envoyerent Sica-nus, avec quinze vaisseaux, a Agri-gente, pour gagner ä leur parti cetterepublique, dechiree par des factions,tandis que Gylippe parcourait une se-conde fois l’interieur de la Sicile, pourenamener des troupes. Depuis l’affaired’ißpipoles, ils esperaient enlever deviveforce les retranchemens de l’ennemi.

Ciiap. 47. Cependant les generauxalhdniens delibererent sur le malheurqu’ils venaient d’eprouver, et sur l’etatde faiblesseoü, ä tous egards, l’armeese trouvait reduite. Ils ne pouvaient sedissimuler leurs mauvais succes, etvoyaient les soldats excedes de leur se-jour en Sicile, et tourmentes par lamaladie, qui avait une double cause :on elait dans la saison oü il y a le plusde malades, et le lieu oü l’on campaitelait marecageux et malsain. Tout d’ail-leurs paraissait desespere. Dans de lellesconjonctures, Demosthene pensait qu’ilne fallait pas resler davantage : malheu-reuxdansson attaqued’fipipolcs, il sedeclara pour le depart, ne voulant na»