597
THUCYDIDE ,
s’etaient pas ddclares pour Athenes. AuxHellenes hors de la Sicile, les Lacede-moniens foumirent un general spartiate,des Hilotes, et des neodamodes que leurincorporation parmi les citoyens consti-tae libres. Les Corinlhiens seuls four-nirent de l’infanterie et des vaisseaux;les Leucadiens, les Ampracioles, ser-virent avec eux, parce qu’ils avaientune meme origine. Des troupes sou-doyees furent envoyees de l’Arcadie parles Corinlhiens; on forga les Sicyoniensä faire la guerre. On n’eut, hors duPeloponnüse, que lesBeotiens. Comparesä tous ceux qui se rendirent en Sicile,les Siciliens foumirent ä eux seuls lecontingent leplus considerable sous tousles rapports. Ils le devaient, habitantdegrandes cites. Ils rassemblerent beau-coup d’hoplites , des matelots, de lacavalerie, enfin tout ce que reclamaientles differentes branches de Service. Onpeut dire aussi que les Syracusains,compares ä tout le reste des peuples deSicile, foumirent le contingent le plusconsiderable, a raison de l’etendue deleur ville, et parce que c’elaient eux quicouraient le plus grand danger.
Ciup. 59. Tels furent les secoursque rassemblerent les deux partis. Ilsles avaient dans le temps dont je parle,et depuis ni l’un ni l’autre n’en regutde nouveaux. Les Syracusains et leursallies avaient raison de penser que ceserait un bei exploit, ä la suite de leurvictoire navale, de faire prisonnierelouie 1’armee des Alheniens, cette ar-mee naguere si formidable, sans luilaisser aucun moyen d’echapper ni parterre, ni par mer. Ils s’occupercnt doncde fermer le grand port, qui avait en-viron huit stades d’ouverture. Ils enobstruerent l’entree, en y meltant äl’ancre des triremes, des vaisseaux deCharge et des barques. Hs faisaient ennißme temps tous les appröts necessai-
UV. VII.
res, dans le cas oü les Atieniens ose-raient hasarder encore uncombat na-val; et ils donnaient ä out la plusscrupuleuse attention.
Chap. 60. Les Athenens, qui sevoyaient renfermes, et jui n’igno-raient pas les desseins dterieurs del’ennemi, crurent devoir enir conseil.Les generaux et taxiarque s’assemble-rent. Ils manquaient de tiut : pour lemoment ils n’avaient pas de convois ärecevoir; car, dans l’idee c’un prochaindepart, ils avaient fait dre ä Catanede n’en pas envoyer, et ils n’en de-vaient pas meme attendrei l’avenir, ämoins de remporter une victoire na-vale. Ils resolurent donc dabandonnerleurs retranchemens supirieurs, des’emparer de quelque bei voisin dela flotte, oü ils construiraent un fortqui püt, quoique tres-peit, contenirles ustensiles et les malade; ils y met-traient garnison et feraient nonter toutle reste des troupes sur la flotte, sansdistinction de bätimens enore en boneiat ou presque entieremeit hors deservice. Alors ils livreraieit combat :vainqueurs , ils se porteräent ä Ca-tane; vaincus, ils incendiaaient leursvaisseaux, et, ranges en odre de ba-taille, ils gagneraient, par;erre, lelieule plus voisin et ami, soit lellene, soitbarbare. Cet avis passa; ls l’execute-rent. Ils descendirent avte precautionde leurs retranchemens, eoiiperent tousles vaisseaux, au nombe d’environcent dix, et forcerent ä lesmontcr toutce qu’il y avait d’hommesque leur ägerendait aptes ä un servicequelconque.Ils placerent sur les ponts (uantite d’ar-chers et de gens de trait, Vcarnanes ouaulres etrangers, et pourmrent ä toutle reste, autant que le pemellaient detelles circonstances et le projet qu’ilsavaient congu. Presque toit etait pret,quand Nicias, qui vovai. les troupes