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Tome premier.
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408 THUCYDIDE

armes, ä J’exception de trois cents hom-ines qui forcörent la garde el allerem lanuit ou ils purent.

Ciiap. 84. Le jour venu, Nicias semiten marehe. Les Syracusains et les alliescontinuaient de les harceler de toutesparls, de tirer des fleches et de lancerdes javelots. Cependant les Atheniens sehätaicnt d’arriver au fleuve Assinare,loujours assaillis de cavaliers et autrestroupes, mais se flattant d’etre mieuxs’ils passaient le fleuve, et d’ailleursepuises el tourmentes par la soif: ils yparviennent, s’y precipitent en desor-dre ; c’est ä qui passera le premier.L’ennemi qui les presse, rend le passagedifficile : obliges de se serrer en avan-Cant, ils tombent les uns sur les autreset se foulent aux pieds; se heurtant con-tre les javelots de leurs voisins, s’era-barrassant dans les ustensiles, les unsse tuent, d’autres sont enlraines par lecourant. Les bords etaient esearpes : lesSyracusains, qui avaient gagne l’autrerive, liraient d’en haut sur des infor-lunes qui se livraient avidement au plai-sir d’etancher leur soif et qui se mcl-taienl d’eux-mömes en desordrc dans unfleuve profond. Les Peloponnesiens y des-cendent et en font un affreux carnage.L’eau se trouble, mais, toute boui beuseet sanglante, on la boit encore, on sela dispute les armes ä la main.

Ciiap. 85. Enfin les morts etant lesuns sur les autres entasses dans lefleuve, et l’armee abimtie, ceux-ci ayantperi submerges , ceux-lä se trouvant at-teints par la cavalerie, Nicias se rendilä Gylippe, ä qui il se fiait plus qu’auxSyracusains, et se remit ä la discretiondes I^icedömonienset de ce general, enles priant d’arröler le carnage. Gylippealors ordonna de faire prisomiiere ladivision de Nicias. On emmena vivanstous ceux que les Syracusains n’avaientpas Caches (ils en avaient Cache beau-

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coup), et on envoya ä la poursuite destrois cents qui ava ienl echa ppe ä la gardependant la nuit, et que l’on arreta. Lenombre de ceux que l’un fit en masseprisonniers de l’etat n’etait pas conside-rable; ceux qui furent derobes par desparticuliers etaient nombreux. La Sicileen futremplie. Ils n’appartenaient pointä l’etat, ne s’etant pas rendus sur Con-vention, comme les soldals de Denios-thene. II y eutbeaucoup de morts, carcetle action avait ete aussi meurlrierequ’aucune autre de cetle guerre. II avaitaussi peri bien du monde dans les atla-ques que les Atheniens avaient eues äsoulenir dans la marclie. Cependantbeaucoup s’evaderent, les uns sur-le-champ, les autres dans la suite, et apresavoir eie reduits en esclavage : Cataneleur offrait un refuge.

Ciiap. 86. Les Syracusains et les al-lies se reunirent et retuurnerent ä laviiie, emmenant avec eux le plus deprisonniers et de depouilles qu’il leurfut possible. Quant au reste des prison-niers , soit Atheniens , soit allies d’A-thenes , on les descendil dans les car-rieres , ob l’on croyait la garde plussüre. Nicias et Deinosthene furent mas-sacrcs : ce fut contre la volonte de Gy-lippe , qui pensait etre gloricuscincntrecoinpense de sa longue lulle en ame-nant aux Lacedemoniens , entre aulrestropiices, les generaux qu’on lui avaitopposes. Deinosthene elait l’lioniniequeles lacedemoniens haissaient 1c plus,ä cause du mal qu’il leur avait fait aSphacierie et ä Pylos : au conlraire ilsairnaient Nicias pour les Services qu dleur avait rendus dans cetle lnemccir-constance; car il s’elail Signale par sonzeleen faveur des [irisonniers de l’ile,et avait detennine les Atheniens a con-clurel’accordqui leur donnail laliberle.Ces bons Offices lui ayant merite la luen-veillance des Lacedemoniens , d s e ,al b