THIICYDIDE, l,IV. VI».
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bre des vaisseaux ennemis et ce qu’onaurait ä leuropposer, et lorsqu’on se se-rait prepareconvenablement et ä loisir;mais que jamais il n’irait, cedant folie-ment ä une mauvaise honte, au-devantd’uneaffairedecisive; qu’ilne serait pashonteux aux Atheniens d’obeir en meraux circonstances, mais qu’il le seraitbien davantage d’essuyer une defaitequelconque, et de livrer la republiquenon-sculementaudeshonneur, rnaisen-coreau plusgrand peril; qu’ä la suite desesmalheurs recens, ä peine lui etait-ilpermis, meme avec des prcparatifs sürs,de risquer la premiere une attaque enquelque occasion que ce füt, soit volon-tairement, soit par necessile; commentdonc,sansyetre forcee,s’exposerait-elleä des dangcrs de son clioix? II ordonnadeprendre au plus tot les blesses, l’in-fanterie, le bagage, de laisser le butinqu’ils avaient fait sur l’ennemi, pournepassurcharger les vaisseaux, et de fairevoile vers Samos : de lä, apres avoirrassemble toute la flotte, on fevail, siles circonstances etaient favorables, descourses sur l’ennemi. II fit goüter ceprojet et le mit äexecution. La sagessede Phrynicus se montra non-seulemenldans cette occasion, mais encore danslasuite, et aussi bien dans toules les af-faires donl il eut le maniement que danseelle dont nous venons de parier. Ainsi,des le soir, les Atheniens seloignerentde Milet sans profiter de la victoire. LesArgiens, honteux de leur defaite, pas-serenl aussitöt de Samos dans leurpays.
Chap. 28. Les Peloponnesiens, avecl’aurore.deTichiusse, leverent l’ancre,alleremä Milet, et, apres avoir vaine-mentattendu l’ennemi durant unjour,le lendemain ils prirent avec eux lesvaisseaux de Milet qui avaient accompa-gne Chalcidec et qu’avaient ebasses lesennemis, et retournerent ä Tichiussepour y prendre les effets precieux qu’ils
y avaient deposes. Ils arrivent: Tissa-pherne s’y rend avec ses troupes , lesdecide ä faire voile pour Iasos, oü se te-nait Amorges, ennemi du grand roi. Ilslivrerent une attaque subito, et, commeon ne s’attendait ä voir que des vais-seaux d’Athenes, ilsenlevevenl la place.Les Syracusains se signalerent danscette afiaire. On prit vif cet Amorges,bätard de Pissuthnes, qui s etait revoltecontre le roi. Les Peloponnesiens le li-vrer ent ä Tissapherne, pou r 1 e conduire,s’il le voulaif, au roi, comme il en avaitre^ul’ordre, et ilspillerent Iasos, placequijouissait d’une anciennc opulence,et oü les soldats firent un riebe butin.Loin de faire aucun mal aux auxiliairesd’Amorges, ils les regurent dans leursrangs, etant pour la plupart du Pelo-ponnese; abandonnerent ä Tissapbernela place et les prisonmers, tant libresqu’esclaves, a la Charge d’un dariquepar tele , revinrent ensuile a Milet, fi-rent passer par terre, jusqu’ä Ery ihres,avec les troupes auxiliaires d’Amorges,Pedarite, fils de Leon, que les Lace-demoniens envoyaient commander äChios, puis elablirent Philippe ä Milet.L’ete finissait.
Chap. 29. L’hiver suivant, Tissa-pherne, apres avoir etabli garnison äIasos, se renditä Milet, et, comme ill’avait promis ä Lacedemone, donna,pour un mois de subside, une drachmeattique ä ebaque soldat de tous les vais-seaux. Il voulait,pourlereste du temps,ne donner que trois oboles, jusqu’ä cequ’il eüt consulte la volonte du roi,ajoutantque, s’il en recevait l’ordre, ildonnerait la drachme entiere. Hermo-crate, general syracusain, s’opposait äcet arrangement. Pour Theramene, quin’elait pas commandant de la flotte, etqui ne prenait part ä l’expedition quepour remetlre les vaisseaux ä Aslyo-chus, '£ craitait mollement l’affaire de la
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