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Tome premier.
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436 THDCYDIDE

resolus d’attaquer les autres commeetant de la fäclion populaire. Ils tuerentun cerlain Athenien nommö Hyperbo-lus , mechant homme, chasse de sa pa-trie par le ban de l’ostracisme, non queson credit ou sa grandeur portät om-brage, mais ä cause de sa basse me-chancete et parce qu’il faisait honte ä larepublique. Ils agissaient en cela de con-cert avec Charminus, Tun des gene-raux, et avec quelques Alheniens quisetrouvaient chez eux et ä qui ils avaientdonne parole. Ce fut aussi ä leur insti-gation qu’ils firent d’aulres coups demain semblables. Ils allaient assaillirles hommes de la faction populaire;mais ceux-ci, qui le pressentaient, endonnerent avis aux generaux Leon etDiomedon, lesquels, etant redevablesau peuple de leur Elevation, ne sup-portaient pas volontiers l’oligarchie; äThrasybule et ä Thrasylle, l’un trie-rarque, l’autre chef d’hoplites, et äquelques autres qui toujours avaientparu le plus contraires aux projets desconjures : ils les supplierent de ne lespas voir avec indifference livres ä lamort, et la republique de Samos alie-needecelle d’Athenes, qui jusqu’alorsavait du a Samos seule le maintien desa puissance. Ces commandans les ecou-terent; prenant chaque soldat en parti-culier, et principalement ceux qui mon-taient le Paralus, tous Atbeniens ethommes libres, qui, de tout temps,avaient eteennemis de l’oligarchie, mö-me avant qu’elle s’etablit; ils les ex-hortaient ä s’opposer aux menees desoligarques. Aussi Leon et Diomedon nefaisaient jamais des excursions en mersans laisser quelques vaisseaux pour lagarde : en sorte que le parti populairede Samos, appuye de ces secours, etsurtout des Paraliens, sortit viclorieuxde la lulle qu’engagerenl avec lui lestrois Cents, mit ä mort une trentaine de

LIV. VIII.

conjures, prononga la peine de l’exilcontre trois des plus coupables, accordaaux autres amnistie, et continua de segouverner de bon accord, suivant lesprincipes de la democratie.

• Ciiap. 74. Les Samiens et l’armee,pour annoncer ä Athenes ce qui venaitdese passer, depechent aussitöt, surlevaisseau Paralus, Cher&ts, fils d’Ar-cheslrate, qui s’etait montre chaud par-tisan de la revolution oligarchique : eneffet ils ne savaient pas encore que lepouvoir etait dans les mains des quatreCents. Ceux-ci, ä l’arriveedu Paralus,mirent aux fers deux ou trois des Para-liens, s’emparerent du vaisseau, em-barquerent les hommes sur un autrenavire Charge de troupes, et les envoye-rent en garnison sur les cötes de l’Eu-bee. Chöreas, frappö de ce qui se pas-sait, trouva moyen d’echapper, revintä Samos, et rendit comptea l’armeedeia Situation d’Athenes, exagerant en-core tous les maux que soulfrait cetteville, racontant que tous les citoyensetaienl frappes de verges, qu’on n’osaitouvrir la bouche contre les usurpateurs,que les epouses et les enfans des citoyensetaient outrages, que les quatre Centsprojelaient d’arreter les parens de tousles gens de guerre qui, ä Samos, n’e-taient pas de leur faction, et de leurdonner la mort s’ils desobeissaient. 11ajoutail encore bien d’autres detailsqu’il surchargeait de mensonges.

Chap. 75. A ce recit, les guerriersde Samos voulaient d’abord se jeter surceux qui avaient le plus contribue äletablissement de l’oligarchie et surleurs complices : mais, retenus par lesplus moderes, et sur la representationque, la flotte ennemie etant en pre-sence, ils allaient tout perdre, ilssa-paiserent. Ensuile Thrasybule, fils deLycus, et Thrasylle, principauxauteursdu changemenl qui venait de s’opcreb