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THUCYDIDE ,
v«ulant rappeier solennellement Samos| la democratie, lierent par les ser-mens les plus forts tous les soldats,surtout ceux du parti oligarchique :d’apves ces sermens, ils devaient de-meurer attaches ä la Constitution de-mocratique, vivre dans la Concorde,pousser vivement la guerre contre lesPeloponnesiens, resterennemisdes qua-Ire Cents et n’entretenir avec eux au-cune communication par le ministeredes herauts. Tout ce qu’il y avait deSamiens en äge de porter les armes pretale memeserment. L’armee s’unit d’in-terets et de dangers avec ceux de laville de Samos, croyanl que pour lesuns et les autres il n’elait aucun espoirdesalut, et qu’ils periraient tous egale-ment, si los quatre Cents et les enne-mis qui elaient ä Milet devenaient lesmaitres,
Chap. 76. Alors grande division en-tre Athenes et l’armee de Samos : celle-ci voul.-nt contraindre Athenes ä con-server l’elat populaire, celle-lä voulantobliger le camp de Samos ä reconnaitrel’oligarchie. Les soldats formerent aus-sitöt une assemblee, dans laquelle ilsdeposerent les generaux et ceux des trie-rarques qui lui elaient suspects, et encreerent de nouveaux : Thrasybule etThrasylle furent seuls conserves. Lesguerriers se donnaient les uns aux au-tres, dans cette assemblee, de grandsmotifs d’encouragenienl; se disant qu’ilne fallait pas s’eflrayer si Athenes rom-pait avec eux; que c’elait le plus petitnombre qui se detachait du plus grand,et de ceux qui avaient, ä tous egards,les plus puissantes ressources ; et que,maitres de toute la flotte, ils pouvaientforceries autres vllles de leur domina-tion ä fournir de 1'argent, tout aussibien que s’ils sorfaient d'Athenes pouren exiger; qu’ils avaient pour eux Sa-mos, ville puissante, et qui, du temps
uv. VIII.
qu’elle etait en guerre avec les AthA-niens, avait ete au moment de leur en-lever l’empire de la mer. Comme aupa-ravant, de cette place, ils repousseraientles efforts de leurs ennemis ; au moyendes vaisseaux, ils se 'procureraient lenßcessaire plus aisdment que les habi-tans d’Athenes. Maitres de Samos, nousavons su, anterieurement, nous rendremaitres des abords du Pirde: dans lacirconstance präsente, ne nous est-il pasbien plus aise, si ceux d'Athenes neveulent pas nous retablir dans nos droitspolitiques, de leur öter l’usage de lamer, qu’ä eux de nous en priver? Ilsajoutaient queles ressources qu’ils pour-raient lirer d’Athenes pourse mettreau-dessus des ennemis etaient bien peu dechose et ne meritaient aucune atten-tion ; qu’ils n avaient rien perdu encessant d’avoir pour eux des gens quin’avaienl plus ni argem ä leur envoyer,puisqu’au contraire c’etaient les soldatsqui leur en fournissaient, ni un conseilraisonnable, seul moyen qui assure äun elat son pouvoir sur les armees;que de plus Athenes en 6tait venuejusqu’ä se rendre coupable du pluscriant delil, celui de detruire les Ioisde la patrie, et que l’armee, qui de-fendait ces lois, contraindrait Athenesä les respecter, en sorte que ceux d’en-tre eux qui prendraient un bon partin’auraient aucun desavantagc ; qu’Al-cibiade, s’il obtenait d’eux son retouret la securite, s’empresserait de leurprocurer l’alliance du roi; mais quesurtout, avec une flotte si puissante, ilssauraient toujours bien, quand tout lereste viendrait ä leur manquer, se pro-curer une retraite oü ils trouveraient desvilles et un territoire.
Chap. 77. Apres s’etreainsi haran-gues et encourages, ils se preparerentvivement a la guerre. Les dix depuleaenvoyes ä Samos par les quatre cerdg