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Tome premier.
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THUCYDIDE,

mille, ne nuisissenf ä la republique; Ique la suppression du regime oligarchi- !quen’etait point necessaire; que seule-ment il fallait ramener le gouvernementä plus d’ügalite, et monlrer que les cinqmille avaient une autorite non pas de Inom, mais de fait. Sous ce langage po-litique se cachaient leurs veritables pen- 'sees. Dans leur ambition personnelle, :la plupart d’entre eux se faisaient un 'principe d’apres lequel se detmit neces-sairement toute Oligarchie qui succede |ä la democratie; car, des le premier Ijour d’une teile revolution, lous ne de- imandent pas seuleruent ä se trouver, en jun jour, egaux entre eux; mais chacun iveut s’y voir de beaucoup le premier : jau lieu que dans la democratie, oü loulse fait par 61ection, on en supporle 1d’autant plus facilement les resultats, jqu’on n’est pas humilie par des egaux.Le credit d’Alcibiade ä Samos les en-courageait i ils croyaient ce credit so-lide, et ne voyaient rien de stable dansl’oligarchie. G’etait entre eux un com-bat ä qui deviendrait le chef du gouver-nemenl democratique.

Chap. 90. Mais ils avaient pour ad-versaires les quatre cents, les chefs del’oligarchie : Phrynicus, qui, lors desoncomniandement ä Samos, avaiteudes difftrends avcc Alcibiade , aristar-que, de tout temps plus oppose que per-sonne ä letal democratique; Pisandre,Antiphon, et d’autres du nom deshommes les plus puissans. En effet,des qu’ils eurent etabli le nouveau re-gime et eurent vu se resoudre en de-mocratie la Constitution qu’ils avaientIbrmee ä Samos, ils depfccherent ä La-cedemone des deputes choisis dans leursein, travaillerent au raffenrdssemeritde l’oligarchie, et fortilierent l’fietio-nee. Mais ils furent encore bien plus ar-dens ä soutenir leur ouvrage, quand,aa retour de la deputation qu’ils avaient

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envoyeeä Samos, ils virenl changer leplus grand nombre , et ceux mömed’entre eux qui leur semblaient les plussürs. Au milieu des craintes que leurcausaieni l’interieur et Samos, ils firentpartir en ditigence Antiphon, Phryni-cus et aulres, au nombre de dix, etleur recommanderent de menager unereconciliation avec les Lacedemoniens,ä quelque prix que ce füt, pour peu queles conditions fussent supportables; etils conlinu&rent avec plus d’ardeur en-core ä fortifier l’Eetionee. L’objet de cestravaux, comme l’assurait Therameneet ceux de son parti, etait, non de fer-mer l’entree du Piree ä l’armee de Sa-mos si eile pretendait y penetrer de viveforce, mais de recevoir, quand onvou-drait, les ennemis par terre et par mer:car l’fielionee forme Tun des deux pro-montoires du Piree, et c’est de ce cötequ’on entre directement dans ce port.Onjoignait donc le nouveau mur ä ce-lui qui existait dejä du cöte de la terreferme, de maniere qu’en y pla^ant unpetit nombre d’hommes, on comman-dait l’entree du Piree; car precisementä l’une des deux tours construites ä l’en-tree etroite du port se terminaienl etl’ancien mur, qui traversait la terreferme, et le nouveau, qui fermait l’en-tree du port et entrait presque dans lamer. Ils eleverent aussi, tout pres decette muraille, unegalerie qui etait tres-grande et voisine de la nouvelle con-1 struction qu’on venait d’executer dansle Piree. Seuls rnaitres de cette galerie,ils obligeaient d’y deposer le ble qui setrouvait dans la ville et celui qu’onamenait par mer: c’ötait de lä qu’il fal-lail le tirer pour le meltre en vente.

Chap. 94. Voilä ce qui, depuis long-| temps, excitait les murmures de Thd-ramene; et quand les deputes furentrevenus saus etre parvenus ä un accom-modement general, il soutinl que ia