THUCYDIDE
tous furent pröts ä courir aux armes,excepte ceux ä qui deplaisait l’etat ac-luel. Ils mena^aient Theramene et tousceux qui pensaient comme lui. Thera-mene, pour se justifier, leur dit qu’ilelail pret ä Ies accompagner pour deli-vrer Alexicles; et, prenant avec lui undes generaux qui partageaient ses senti-mens, il courut au Pi ree. Aristarque yviut aussi avec les jeunes gens de l’or-dre des Chevaliers. Grand mouvement,epouvantable lumulte. Dans la ville,lous croyaient que le Piree etail pris, etAlexiclesdgorge; au Piree, on s’atten-daitäuneirruption de la ville toulen-tiere. Dejä en effet les rues etaient plei nesde gens qui couraient aux armes; ilsfurent avec peine retenus par les vieil-lards et par Thucydide de Pharsale,böte d’Alhenes, qui se trouvait lä. Ce-lui-ci les arretail tous les uns apres lesautres, et leur criait de ne pas perdrel’elat quand ils avaient l’ennemi si presd’eux. Ils s’apaiserent et n’en vinrentpas aux mains les uns contre les autres.Theramene elait lui - mene general;quand il fut au Piree, il s’emporta vio-lemment contre les hoplites, mais debouche seulement, au lieu qu’Aris-tarque et ceux de la faction contraircetaient en effet dansl’indignation. Celan’empöcha pas les hoplites d’aller laplupart ä l’ouvrage, sans se repentir dece qu’ils avaient fait. Ils demanderenl äTheramene s’il croyait que ce füt pourle bien de l’etat que s’elevait la mu-i'iille, et s’il ne vaudrait pas mieux laraser. 11 repondit que s’ils jugeaient äpropos de l’abattre, il etait de leur avis.Aussitöt les hoplites et une foule degens du Piree montent sur le mur et ledemolissent. Pour animer la multi-tude, on lui disait que ceux qui vou-laient que les cinq mille eussent l’auto-wteau lieu des quatre Cents, devaientprendre pavt u cet ceuvre. On se servait
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du nom des cinq mille pour se mettre äcouvert, et ne pas parier tout haut derendre au peuple I’autorite. On crai-gnait que ce corps des cinq mille n’exis-tät en effet, et qu’on ne risquät de seperdre, en s’ouvrant, sans le savoir, äquelqu’un d’entre eux. Ainsi les quatreCents ne voulaient ni que les cinq milleexistassent, ni qu’on süt qu’ils n’avaientpas d’existence : ils sentaient que faireparticiper tant de monde au gouverne-menl, c’etait former un etat populaire;mais que garder lä-dessus le secret, c’e-tait tenir les citoyens dans une craintereciproque.
Chap. 93. Le lendemain les quatreCents, tout troubles, s’assemblerent auconseil. Les hoplites du Piree relächö-rent Alexicles, et, apres avoir delruitla muraiile, se rendirent en armes autheätre de Bacchus ä Munychie, oü ilsformerent une assemblee. D’apres la re-solution qu’ils y prirent, ils coururent äla ville, et se tinrent tout armes dansl’Anaceum. Il s’y rendit quelques per-sonnes choisies par les quatre Cents, etil s’6lablil des pourparlers d’homme ähomme. On engagea ceux qu’on vit lesplus moderes ä se tenir en repos et äconlenir les autres. On assura qu’onferail connaitre les cinq mille, et que ceserait entre eux et ä leur choix que se-raient pris les quatre cents; qu’en atlen-dant, il ne fallait pas perdre l’dtat et enfaire la proie de l’ennemi. Beaucoup depersonnes parlaient dans le möme es-prit, et beaucoup aussi les ecoutaient;le corps des hoplites devint plus tran-quille, craignant par-dessus tout demettre l’etat en danger. On convint detenir, ä jour present, une assemblee autheätre de Bacchus pour ramener laconcorde.
Ciiap. 94. Le jour marque pour l'as-semblee au theätre de Bacchus arriva :elleallait se former quand on vint au-