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Tome premier.
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RBTRAITS DES DIX MILLE. - LIV, I.

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fen «mpCchant plus, et prit les tenlesdesCiliciens. De lä il descendit dans unevasteet belle plaine, entiecoupee de ruis-seaux, couverte de vignes et d’arbres detoute espece. Le terroir rapporte beau-coup de sesame, de panis, de millet,de froment et d’orge. Une chaine demontagnes escarpees et elevees lui seitpartout de fortification naturelle et l’en-toure de la mer ä la mer.

9. Descendant ä travers cette plaine,Cyrus fit vingt-cinq parasanges en quatrejours de marche, et arriva ä Tarse, villedeCilicie, grande et riebe, oü Syenne-sis avait son palais. Elle est coupee endeux par un fleuve large de deux plelhres,nomme le Cydne. Les habitans l’avaientabandonnee el s’etaient refugies avec leroi dans un lieu forlifiesurlamontagne.

11 ne restait que ceux qui tenaient hötel-lerie; mais dans Soles et dans Issus,villes maritimes, le peuple n’avait pointquitte ses habitalions. Epyaxa, femmedeSyennesis, etait arriveeä Tarse cinqjours avant Cyrus; Menon, en traver-sant los montagnes, avait perdu deuxde ses lochos. On a pretendu que s’e-lant mis a piller, ils avaient ete taillesen piecespar les Ciliciens; d’autres ontditque, restesen arriere, ils n’avaientpu ni rejoindre le gros de la troupe, niretrouver le cbemin qu’il avait suivi,et qu’ils avaient peri en le cberchant.Ces deux lochos faisaient Cent hoplites.Les autres Grecs, furieux de la pertede leurs camarades, pillerent, a leurarrivee, la ville de Tarse et le palais.Des que Cyrus fut entre dans la ville,il manda Syennesis. Celui-ci repon-dit qu’il ne s’elait jamais remis entreles mains de plus fort que lui, et il nevoulut se rendre pres de Cyrus qu’apresque sa femme le lui eut persuade, etqu’il eut reeu des süreles. Les deuxprinces s’ctant abouebes ensuite, Syen-n&is fournit ä Cyrus beaucoup d’argentl.

pour subvenir ä l’entretien de son ar-mee. Cyrus lui fit les presens qu’offrentlesrois de Perse ä ceux qu’ils veulenthonorer, lui donna un cheval dont lemors etait d’pr massif, un collier, desbrasseletsde meme matiere, un cime-terre ä poignee d’or, un habillement äla perse. 11 lui promit qu’on ne pilleraitplusla Cilicie, et lui permit de repren-dre les esclaves qu’on avait enleves äses sujets, partout oü il les relrouverait.

40. Cyrus el son armee sdjournerentvingt jours ä Tarse; car les soldats decla-raient qu’ils n’iraient pas plus en avant,soupgonnantdejä qu’on les menaitconlrele roi, et pretendant ne s’fetre point en-gages pour cette entreprise. Clearque lepremier voulut forcer les siens d’avan-cer. Ceux-ci, des qu’il commenga ämarcher, jeterent des pierres sur lui etsur ses equipages; peu s’en fallut qu’ilne füt lapide. Ensuite, ayant senti qu’ilne pouvail les contraindre ä le suivre,illesassembla.D’abord il se tint long-temps debout, versant des larmes. Lessoldats etonnes le regardaient en silence.Puis il leur parla ainsi:

11. « Soldats, ne soyez point surprisque les circonstances presentes m’affli-gent. Je suis devenu böte de Cyrus, etlorsque j’ai 6te banni de ma palrie, ceprince, outre plusieurs autres lemoi-gnages de son eslime, m’a donne dixmille dariques. Je n’ai point reservdcet argent pour mon usage particu-lier; je ne l’ai point employe ä mesplaiäirs : il a ete depense pour votreentretien. J’ai fait d’abord la guerreaux Thraces. Avec vous j’ai venge laGrece. Nous avons chasse de la Cher-sonese ces Barbares qui voulaient de-pouiller les Grecs du territoire qu’ils ypossedent. Lorsque Cyrus m’a appele,je vous ai menes ä lui pour lui etreutile, s’il avait besoin de moi, et re-eonnaitre ainsi ses bienfaits. Puisqua

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