XfiNOPHON.
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vous ne voulez plus le suivre, ll lautou que vous trahissant je reste ami deCyrus, ou que trompant la confianeede ce prince, je lie mon sort au völrc.Je ne sais si je choisis le parti le plusiuste, mais je yous prefererai ä monbicnfaiteur, et quelques malheurs quipuissent ( en residier, je les supporte-rai avec vous. Personne ne dira jamaisqu’ayant conduit des Grecs ä un princeetranger, j’aie trahi mes compatrioleset prdfere l’amitie des Barbares. Maispuisque yous ne voulez plus m’obeirni me suivre, c’est moi qui vous sui-vrai, et je partagerai le sort qui vousattend. Je vous regarde comme mapalrie, comme mes amis, comme mescompagnons; avec vous je serai res-pecte partout oü j’irai; separe de vous,je ne pourrai ni aider un ami, ni re-pousser un adversaire. Soyez donc bienconvaincus que partout oü vous irezje vous suis. » Ainsi parla Clearque.Ses soldals et ceux des autres generauxgrecs ayant entendu ces paroles, lelouerent de ce qu’il annongait qu’il nemarcherait pas contre le roi. Plus dedeux mille de ceux de Xenias e; de Pa-sion, prenant leurs armes et leur ba-gage , vinrent c&mper avec lui.
12. Cyrus, embarrasse et aflligd de cetEvenement, envoya chercher Clearque.Celui-ci ne voulut point aller trouver leprince; mais il lui fit dire secretement deprendre courage, et le fit assurer qu’ilamenerait cette affaire ä un denoümentheureux. II le pria de l’envoyer chercherencore publiquement, et refusa de nou-veau d’obeir ä ses ordres. Ensuite ayaniconvoqud ses anciens soldats, ceux quis’y etaient joinls, et quiconque vou-drait l’entendre, il parla en ces termes:
13. « Soldats, nos engagemens avecCyrus, et ceux de ce prince avec nous,sont egalement rompus. Nous ne som-mes plus ses troupes, puisque nous re-
fusons de le suivre, et il n’est plus tenude nous stipendier. Je sais qu’il nousregarde comme des parjures. Voiläpourquoi je refuse de me rendre chezlui lorsqu’il me mande. Je rougirais(et c’est ce qui me touche le plus), jerougirais, dis-je, ä son aspect, sentantque j’ai trompe enlierement sa con-fiance. Je crains d’ailleurs qu’il ne melasse arreter et ne punisse l’injure dontil me croit coupable envers lui. Ce n’estpoint, ce me semble, le moment des’endormir et de negliger le soin denotre salut, mais bien de resoudre cequ’il convient de faire en de telles cir<constances. Je pense qu’il faut deliberersur les moyens d’etre ici en süretd, sinous voulons y rester, ou, si nous nousdeterminons ä la retraite, sur ceux dela faire avec securite, et de nous procu-rer des vivres; car, sans cette precau-tion, clief, soldats, tout est perdu. Cy-rus esl pour ses amis un ami chaud;pour ses ennemis un ennemi redou-table. Peu eloignds de lui, ä ce qu’il mesemble, nous voyons lous, nous sa-vons qu’il a de l’infanlerie, de la cava-lerie, une flotte. Il est donc temps quechacun de nous propose l’avis qu’il croitle meilleur. » Clearque se tut, ayantprononce ce discours.
14. Alors diverses personnes seleve-rent. Les uns, de leur propre mepvement,dirent ce qu’ils pensaient. D’aulres,suscites par Clearque, demontrerentcombien il elait difficile de sejourner oude se retirer sans l’agrement de Cyrus.Un d’enlre eux, feignant de vouloirqu’on marchät au plus tot vers la Grece,fut d’avis qu’on elüt d’aulres chefs siClearque ne voulait pas ramener l’ar-mee; qu’on achelät des vivres (il Javait un marche dans le camp des Bar-bares); qu’on pliät les equipages, etqu’allant trouver Cyrus, on lui deman-dät des vaisseaux