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Tome premier.
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490 XF.NOPHON.

On avail tire de ces canaux des fössesqui coupaient le pays. Les premiersdtaient larges; ils se subdivisaient end’autres moindres, et finissaient en pe-tites rigoles telles qu’on en pratique enGrece pour arroser les champs de panis.On arriva enfin sur les bords du Tigre.A quinze stades de ce fleuve etait uneville grande et peuplee, nommee Sitace.Les Grecs camperent lout aupres et äpeu de distance d’un parc beau, vasteet plante d’arbres de toute espece.

Les Barbares avaient passe le Tigreet ne paraissaient plus. Proxene etXe-nophon se promenaient par hasardapres souper ä la töte du camp en avant,des armes; arrive un homme qui de-mande aux gardes avancees oü il trou-vera Proxene ou Clearque. II ne de-mandait point Menon, quoiqu’il vintde la pari d’Ariee, höte de ce Grec.Proxene ayant repondu qu’il etait unde ceux qu’il cherchail, cet homme luidit : « Ariee et Arlaeze, ci-devant atta-ches ä Cyrus, et qui vous vculenttou-jours du bien, m’ont envoye vers vous.Ils vous recommandent de vous tenir survos gardes, de peur que les Barbaresne vous attaquent cette nuil; car il y abeaucoup de troupes dans le parc voi-sin. Ils vous conseillent aussi d’envoyerune garde au pont du Tigre, que Tis-sapherne a resolu de replier dans lanuit, s’il lui est possible, pour empe-cher que vous ne passiez le Tigre, etpour vous tenir enfermes entre le fleuveet le canal. » Proxene et Xenophon en-tendant ce rapport, menent l’homme äClearque et lui rendent compte de cequ’il a dit. Clearque fut trouble etmfeme tres-effraye de ce recit. Parini lesGrecs qui etaient lä, un jeune hommeayant reflechi, dit qu’il ne serait paseonsequent aux ennemis d’attaquer etde romprele pont. « S’ils attaquent, ilest 6vident qu’il faut qu’ils nous battent

ou qu’ilssoient battus. Supposons qu’ilsdoivent remporter la vicloire, qu’ont-ils besoin de replier le pont? Quand ily en aurait plusieurs autres, oü nousnous refugierons-nous apres une de-faite? Que si l’avantage est ä nous, lepont rompu, les Barbares n’ont plusde retraite, et les forces nombreuses quisont sur l’autre rive ne pourraient leurdonner le moindre secours. »

18. Clearque demanda ensuite äl’homme qu’on lui avait amene, quelle6lait l’etendue du pays contenu entre leTigre et le canal. On apprit, par sare-ponse, que ce pays elait vaste, qu’il yavait des villages et beaucoup de grandesvilles. On reconnut alors que les Bar-bares avaient insidieusemenl envoye cetemissaire, parce qu’ils craignaient queles Grecs, qui avaient passe le pont ducanal, ne se fixassent dans cette especed’ile, oü ils auraient eu pour rempartd’un cöle le Tigre, de 1’autre le canal;qu’ils ne tirassent des vivres de la con-tree meme, qui etait vaste, feconde etpeuplee de cullivateurs, et qu’il nes’yformal un asile sür pour quiconque vou-drait insulter le roi. On prit ensuite durepos. On envoya cependant une gardeau pont du Tigre. On ne fut attaqued’aucun cöte; la garde m&me du pontassura depuis qu’il n’y etait venu au-cun Barbare. Des le point du jour, l’ar-mee grecque passa avec le plus de pre-caution qu’elle put ce pont soutenu partrente-sept bateaux; car quelques-unsdes Grecs qui etaient pres de Tissa-pherne avaient prevenu qu’on serait at-taque au passage. Mais tous ces avis setrouverent denues de fondement. Glusseulement et quelques autres Barbaresparurent pendant qu’on traversait lefleuve. Ils observerent si les Grecs pas-saient, et l’ayant vu, ils s’eloignerentau galop.

49. Des bords du Tiere on fit,enquatre