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il jamais personne qui le suivit paramitieet par inclinalion.Mais ceux queleur patrie, l’indigence, ou quelqueautre necessite avaient mis et forfaienlde rester sous ses ordres , servaientavec une Subordination saus ögale.Des que ses troupes eurem commenceä vaincre sous lui, beaucoup de rai-sons les rendirent excellentes. L’au-dace, en presence de rennemi, leuretait devenue une vertu familiere, etla crainte d’ötre punies par leur cbefles avait singulierement disciplinees.Tel etait Clearque lorsqu’il comman-dait; mais il passait pour ne pas ai-mer ä 6tre commandö par un autre. IIavait environ cinquante ans quand ilmourut.
28. Proxene de Beotie, dös qu’il sortitde l’enfance, con<;ut 1’ambilion de de-venir capable des plus grandes choses.Pour satisfaire ce desir, il so mit ä l’ö-cole de Gorgias de Leonlium. Quandil eut pris de ses le^ons, se eroyanten etatde commander, et s’il devenaitami des grands, de payer par ses Ser-vices leurs bienfaits, il joignit Cyrus,et s’associa ä l’expedition de ce prince.11 esperait y acquörir une gründe repu-tation, un grand pouvoir, de grandesrichesses. Mais s’il conqit ces desirs, ilprouva övidemment qu’il ne voulaitrien oblenir par des moyens bas et in-justes. 11 croyait que ce n’etait que pardes voies droites et honnöles qu’il fal-lailparvenir ä son but, et que si ellesne l’y menaient pas, il valait mieuxn’y jamais alteindre. Il ne lui man-quait rien pour commander de braveset d’honnötes gens; mais il ne savaitinspirer aux subalternes ni respect,ni crainte. Que dis-je? il avait plus l’airde respecler ses soldats que d’ötre res-pectö d’eux. On voyait qu’il craignaitplus de s’en faire ba'ir qu’ils ne crai-|uaieutde lui desobeir. 11 croyait que»
pour bien commander, et pour s’enfaire la reputation, il suffisail de don-ner des louanges a qui se conduisaitavec bravoure, et d’en refuser ä quitombait en faule. De lä, parmi ceuxqui etaient ä ses ordres, tout ce quiavait des sentimens de probitö et d’hon-neur lui ötail affectionne, tous les me-ebans complotaient conlre lui, et lä-ebaient de tirer parti de sa facilile. 11mourut äge d’environ trente ans.
29. Menon de Thessalie etait possedöd’une soif insatiable de l’or, et ne lacachait pas. Il desirait le commande-ment pour s’emparer de plus de trö-sors; los honneurs, pour gagner da-vanlage. 11 ne voulait 6tre ami des gensles plus puissans que pour commetlreimpunemenl des injustices. Il regardaitle parjure, le mensonge, la fourberiecomme le chemm le plus court quimenät ä l’objet de ses desirs. Il traitaitde betise la simplicite et la sincerite.On voyait clairement qu’il n’aimaitpersonne, et s’il sedisait l’amidequel-qu’un, il n’en cherchait pas moinsouvertement ä lui nuire. Jamais saraillerie ne tomba sur un ennemi,etil ne parlait point des gens avec qui ilvivait familierement sans se moquerd’eux. Ce n’etait point ä envahir lebien des ennemis, qu’il dirigait sesprojets. 11 jugeait difficile de prendie aqui se tenait sur ses gardes. U pensaitavoir seul remarque qu’il etait plus alsöde döpouiller un ami, et de s’appro-prier ce qu’on ne songeait point ä defen-dre. Il redoutait tout ce qu’il connaissailde parjures et de mechans, commegenseuirasses conlre son attaque; maisil täcbail de probier de la faiblessedont il taxait ceux qui etaient pieuxet qui faisaient profession de sincerite-Comme il est des hommes qui ötalentavec complaisance leur piete, leur fran-cliise ^ leur droiture, Menon se larguail