RETRAITE DES DIXarrSt£s furent menes ä Artaxerxes : ceroi leur fit couper la tete. Telle fut leurfin. Clearque, l’un d’eux, de l’avis detousceux qui l’ont intimement connu,passait pour avoir au plus haut degreles talens et le goüt de son metier. llresta chez les Laeedemoniens tant qu’ilsfurent en guerre avec Athenes. La paixs’etant faite , il persuada ä sa palriequeles Thraees insultaient les Grecs;et ayant gagne comme il put les epho-res, il mit ä la voile pour faire la guerreaux Thraees qui habilent au-dessus dela Chersonese et de Perinthe. Apres sondepart, les ephores changerent d’avis ettächerent de le faire revenir de l’Isthme.
11 cessa alors de leur obeir et continuasa navigation vers l’Hellespont. Cettedesobeissance le fit condamner ä mortpar les magistrats de Sparte. N’ayanlplus de patrie, il vint trouver Cyrus;et j’ai indique ailleurs de quelle ma-niere il gagna la confiance de ce prince.Cyrus lui donna dix mille dariques.Clearque les ayant regues ne s’aban-donna point ä une vie voluptueuse etoisive; mais avec cet argent il leva une iarmee, et fit la guerre aux Thraees. 111les vainquit en bataille rangee, puispilla et ravagea leur pays. Cette guerrel’occupa jusqu’ä ce que ses troupes de-vinssent necessaires ä Cyrus. 11 parlitalors pour aller faire une nouveileguerre avec ce prince.
27. Tous ces traits me paraissentindiquer un homme passionne pour laguerre; qui la prefere ä la paix, dont,Sans honte et sans dommage, il pour-rait goüter les douceurs; qui, lorsquel’oisiveld lui est permise, va chercherles fatigues de la guerre, et lorsqu’ilpeut jouir sans peril de ses richesses,aimemieux les dissiper en courant auxcombats. 11 depensait pour la guerrecomme un autre fait pour ses amours°u pour quelque genre de voluple. Tel
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elait le goüt de Clearque pour le me-tier des armes. Quant ä ses talens,voici d’apres quoi l’on en peut juger.Il aimait les dangers; conduisait, lanuit comme le jour, ses troupes äl’ennemi, et, dans les occasions peril-leuses, il etait prudent et fecond enexpediens, comme l’ont avoue tousceux qui l’y ont vu. Il passait pouravoir, autant qu’il est possible, le donde commander , mais d’apres son ge-rne particulier; car nul ne fut pluscapable que lui d’inventer les moyensde fournir ou de faire preparer desvivres ä ses troupes. 11 savait aussi in-culquer ä tout ce qui l’eniourait qu’ilne fallait paslui desobeir. Il retirailcetavantage de sa durete; car il avait l’as-pect severe, la voix rüde. Il punissaittoujours avec rigueur et quelquefoisavec colere, en sorle qu’il s’en est plusd’une fois repenti. C’etait cependantaussi par principe qu’il chätiait; caril regardail des hommes indisciplinescomme n’etanl bons ä rien. On pre-I lend meme lui avoir enlendu dire qu’ilfallait que le Soldat craignil plus songeneral que l’ennemi, soil qu’on luiprescrivit de garder un poste, ou d’e-pargner le pays ami, ou de marcheravec resolution ä l’ennemi. Aussi dansles dangers, les troupes le desiraientardemment pour clief, et le preferaienta tout autre. La severite de ses traits sechangeail alors , disail-on , en serenite,et sa durete avait l’air d’une male as-surance qui ne devait plus faire trem-bler que l’ennemi, et oü le Soldat li-sait son salut; mais le peril evanoui,des qu’on pouvait passer sous les dra-peaux d’un autre clief, beaucoup deGrecs quitlaient les siens; car il n’avaitpoint d’amenile; il se montrait lou-jours dur et cruel, et ses soldats levoyaient du meme ceil que des enfansvoient leur pedagogue. Aussi n’y eut-