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Tome premier.
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504
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504 XENOPHON.

vAires; vous vous Ates conduits alorsavec dislinclion , quoiqu’il ne s’agitque de mettre Cyrus sur le tröne. Au-jourd’hui, qu’il y va de votre salut,il vous convient de montrer encoreplus d’ardeur et de courage; vous de-vez meine desormais altaquer l’ennemiavec plus d’audace. Avant que vouseussiez eprouve ce que sont les Perses,vous avez marche contre une multi-tude innombrable, et avez ose lescharger avec ce courage qui est here-ditaire aux Grecs; maintenant voussavez par experience que les Barbares,en quelque nombre qu’ils soient, segardenl bien de vous atlendre : com-ment les craindriez-vous encore? Neregardez pas non plus comme un desa-vantage que l’armee barbare de Cyrus,qui a ci - devant combattu en ligneavec nous, nous ait abandonnes. Cestroupes sont encore plus läches quecelles que nous avons baltues; eile?nous ont donc quiltes, et se sont rA-fugiees pres de celles de Tissapherne :ne vaut-il pas beaucoup r>;eux voirdans la ligne de l’ennemi que dans lanölre des gens qui veulent loujoursetre les premiers ä fuir? Que si quel-qu’un de vous est consterne de ce quenous n’avons point de cavalerie, tandisque l’ennemi nous en oppose une nom-breuse, songez que dix mille cavaliersne sont que dix mille homines; carpersonne i'a jamais ete tue, dans uneafiaire, d’une morsure ou d’un coupde pied de cbeval. Ce sont les bommesqui font le sort des batailles. Noussommes porles plus solidemenl »jue lecavalier ; oblige de se lenir sur le dosde son cbeval dansun exact equilibre,il n’est pas seulement effraye de noscoups, et la crainte de tomber l’in-quiete encore.' Nous autres, appuyessurun sol ferme, nous frappons plusSortempnt G quelqu’un nous approche,

et nous atteignons le but oü nous vi-sons avec plus de certitude. Les ca-valiers n’onl sur nous qu’un avantage,c’est de se mettre plus töt en süretepar la fuite. Mais peut-Atre, incapa-bles de vous effrayer des combats qu’ilfaudra livrer, vous affligez-vous seu-lement de ce que Tissapherne ne nousconduira plus, de ce que le roi nenous fera plus trouver un marchA etdes vivres. Considerez lequel vautmieux, d’avoir pour guide un satrapequi machine Avidemment notre perte,ou de faire conduire 1’armAe par desbommes qu’on aura pris dans le pays,ä qui on donnera des ordres, et quisauront que leur lete repond des fautesqu’ils pourraient commeltre contrenous. Quant aux vivres, serait-il plusavantageux d’en paye 1 ' fort eher unepetite mesure au marchA que nousferaient trouver les Barbares, surloutdevant Alre bientöt rAouns ä n’avoirplus de quoi en acheio , qu’il ne lesera de prendre en vainqueurs, si nousavons des succes, notre subsislance,ä la mesure que chacun de nous vou-dra? Pcut-etre reconnaissez-vous quelout ce que je viens de vous faire en-visager est pröferable; mais craignez-vous de ne pouvoir traverser les fleu-ves, et vous plaignez-vous d’avoir etecruellement trompes par les Barbares,qui en ont mis de nouveaux entre laGrece et vous? Songez que c’est laplus grande folie qu’ait pu faire votreennemi; car tous les fleuves, quoiquel’on ne puisse pas les passer loin deleurs sources, si l’on remonte, de-.viennent enfm gueables, et l’on nytrouve pas de l’eau jusqu’nu genou.Mais, quand mAme le passagc en se-rait impraticable, quand nous man-querions de guides, il ne faudrait P :| spour cela se desesperer; nous connais-sons les Mysiens, que je ne regarde