HETRAITE DES DIX
au vainqueur , et que s’il fallait suc-comber, il etait convenablo de mourirdans les plus beaux vötemcns, qui de-poseraient qu’il s’etait juge digne deles porter. II commem;a ä parier en cestermes; « Cleanor vous expose les pav-jures et l’infidölite des Barbares ; jepresume que vous ne les ignorez pas.Si l’armee veut faire une nouvelle paixavec eux, eile ne peut manquer d’ötrcfort decouragee, en considerani ce qu’ilsont fail souffrir ä nos generaux , qui,sur la foi 'des traites, se sont remis enleurs mains, Mais si nous resolvons depunir, les armes ä la main, ces trai-tres du crime qu’ils ont conunis, et deleur faire la guerre par toutes sorlesde moyens, nous avons, si les dieuxnous aident, l’espoir le mieux fonddde nous sauver avec gloire. » Pendantque Xenophon parlait ainsi , un Grecelernue. Lessoldats l’ayant entendu seprosternent tous en meine temps , etadoreut le dieu qui leur dünne ce pr6-sage. Xenophon leur dit : Puisqu’aumoment oft nous deliberons sur notresalut, nous recevons un presage quenous envoie Jupiter sauveur, je suisd’avis que nous fassions voeu de sacri -fiei ä ce dieu , en aclions de gräces denotre delivrance, des que nous seronsen pays ami, et que nous adressionsen meme temps aux autres dieux lapromesse de leur immoler alors desvictimes, selon notre pouvoir. Queceux qui sont de mou opinion, ajoutaXenophon, levent la main. » Tous lesbrecs la leverent. On prononga alorsies toeux, et l’on chanta le pean; puishommages dus aux dieux leurävant eie rendus, Xenophon coulinuaainsi :
12. (i Je vous disais que nous avonsheaucoup de puissans motifs d’espererque nous nous sauverons avec gloire.babord nous observons les sermens
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dont nous avons appele les dieux ätdmoin, et nos ennemis se sont par-jures : trailö , sermens, ils ont toutviolö. II est donc probable que lesdieux combattront avec nous conlrenos adversaires, les dieux, qui, aussi-löt qu’il leur plait, peuvent rendre enun moment les grands bien petits, etsauver avec facilite les faibles des pe-Wls les plus imminens. Je vais mSmevous rappeier les dangers qu’ont cou-rus vos ancfetres, pour vous eonvaincrequ’il est de volre inleret de vous eon-duiro avec courage, ei, qu’aides parles Immortels, de braves gens se tirentd’affaire a quelques extremites qu’ilssoient reduils. Quand les Perses etleurs allies vinrent avec une armöenombreuse pour detruire Albenes,les Alheniens oserent leur resister etles vainquirent. Ils avaient fait voeu äDiane de lui immoler aulant de chevresqu’ils tueraient d’ennemis, et n’entrouvant pas assez pour accomplir leurpromesse, ils prirent le parti d’en sa-crifier cinq cenls tous les ans , usagequi du re encore. Lorsqu’ensuite Xerxes,qui avait rassemble des troupes in-noinbrables, marcha contre la Grece,vos ancötres batlirent sur terre et surmer les aieuls de vos ennemis. Vousen voyez des monumens dans les tro-phees qui existent encore; mais laplus grande preuve que vous en ayezest la liberle des villes oü vous 6tesnes, et oü vous avez rw;u votre educa-tion; car vous ne connaissez point demaitre parmi les hommes, et vous nevous proslernez que devant les dieux.Tels furenl les aieux dont vous sortez :je ne dirai point qu’ils aient ä rougirde leurs neveux. II y a peu de joursqu’opposes en ligne aux descendansde Tarm6e de Xerxes, vous avez, avecj l’aide des dieux , vaincu des troupes; beaucoup plus nombreuses que les