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Tome premier.
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XtiNOPHON.

en un jour dix mille , qui ne permet-troni ä aucun Grec de se conduire enläche. Mais ii est lemps de finir : l’en-nemi va peut-ötre deboucher sur noustoul-ä-l’heure. Ce que vous approuvezde mon discours, failes-ie passer enloi au plus vite pour qu’on l’execule.Si quelqu’un a un meilleur avis äouvrir, qu’il parle avec hardiesse, neffil-il qu’un simple soldat; car il s’a-git du salut cornmun, et tous lesGrecsy ont inleret. » *

45. Chirisophe parla ensuite:«S’il ya, dil-il, quelque chose ä ajouter ä cequ’a dit Xenophon, on le pcut, et c’enest le momenl; maisje suis d’avis d’ap-prouver sur-le-champ et d’arreter cequ’il propose : que ceux qui pensentcomme moi levent la main. » Tous lesGrecs la leverenl. Xönophon se relevaet dit encore : « Ecoutez-rooi, soldals,je vais vous exposer les övenemens qu’Lconvient, ä ce qu’il me semble, de pre-voir. II est Evident qu’il nous faut alleroü nous pourrons avoir des vivres.J’enlends dire qu’il y a de beaux vil-lages ä vingt stades au plus de notrecamp. Je ne gerais pas ötonnö que lesennemis nous suivissent pour nous har-celer dans nolre retraite, semblables äces chiens timides qui courenl aprösles passans et les mordent s’ils le peu-vent; rnais qui fuient ä leur tour desqu’on les poursuit. L’ordre leplus sürpour notre marche est peut-ötre de For-mer, avec l’infanterie pesammenl ar-mee, une colonne ä centre vide, afmque les bagages et les esclaves, etantau milieu, n’aient rien ä craindre. Sinous dösignions dös ä prösent qui diri-gera la marche et commandera le front,qui veillera sur les deux flancs et quisera a la queue, lorsque les ennemismnrcheront ä nous, nous n’aurionspoint de döliberalions ä faire, nousnous trouverions formes et en cHat de

combattre. Quelqu'un a-t-il de meil-leures dispositions ä proposer, qu’onles adopte; sinon qu’aujourd’hui Chi-risophe marcheä notre (6(e, d’aulantqu’il est Lacödömonien : que les deuxplus anciens generaux s’occupent desdeux flancs; Timasion et moi, commeles plus jeunes, nous resterons ä l’ar-riere-garde. Dans la suite, apres avoiressaye de cet ordre de marche, nouspourrons loujours agiler, suivant lescirconstances, ce qu’il y aura de plusavantageux pour nous. Si quelqu’un ade meilleures vues, qu’il parle.» Per-sonne ne s’opposant ä celles de Xeno-phon , il reprit : « Que ceux donc quiapprouvent levent la main. » Le decretpassa. «Mainienant, dit Xenophon, ilfaut faire exactement, en nous reti-rant, ce qui vient d’elre arröle. Quecelui d *ntre vous qui veut revoir sa fa-mille se souvienne de se conduire aveccourage, car c'en est le seul moyen;que celui qui veut vivre läche de vain-cre, car les vainqueurs donnent la mort,et les vaincus la regoivent. J’en dis au-tant ä qui desire des richesses : en rem-portant la victoire, on sauve son bien,et 1 on s’empare de celui de l’eunemi.»

4 4. Ge discours fini, toute l’armeeseleva, et öiant relournce au camp, brülales voituroset les tentes. On se distribuaitce qu’on avait de superflu, et ce dontun autre pouvait avoir besoin : on jetale reste au feil, puis on dina. Pendantque les Grecs prenaient ce repas, Mi-ihradale approche du camp avec envi-ron trentechevaux, fail appeler lesgö-neraux, et leur dit : «Grecs, jelais,vous le savez, atlache ä Cyrus; main-ienant je me sens de l’affection pourvous, et je passe ici ma vie dans lesplus grandes frayeurs pour moi-meme.Si je voyais donc que vous eussiezem-brasse un parti salutaire, je vous re-joindrais avec toute ma suite. Dites-