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Tome premier.
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507
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RETRAITE DES DIX MIELE.

LIV. III.

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moi, ajouta-t-il, quel est votre projel.Vous parlez ä volre ami, ä un hommebien intentionne pour vous, qui vou-ager vos entreprises. » Lesge-neraux delibererent et resolurenl de luirtpondre ainsi (Ce fut Chirisophe quiporla la parole) : « Notre dessein esl deretourner en Grece, et si l’on nous laissepasser, de menager le plus que nouspourrons le pays que nous avons ä tra-verser; mais si l’on nous en barre lechemin, nous ferons tous nos effortspour nous frayer une route les armesä la main. » Mithradate lächa alors deleur prouver qu’il leur etait impossibled echapper inalgre le roi. On reconnutqu’il faliait se defier de ce Barbare; carun des parens de Tissapberne l’accom-pagnait et en repondait. Des ce momentles generaux jugerent ä propos de fairepublier un ban pour defendre lout col-loque tant qu’on serail en pays ennemi;car les Barbares, qui venaient conf'erer,debaucbaient des soldats grecs. Ils se-duisirent ineme un chef (Nicarque d’Ar-cadie), qui deserla la nuil et emmenaenviron vingt hommes.

15. Quand l’armec eut di ne et passelefleuveZabate, eile marcba en ordre.Les betes de summe et les esclavesetaient au centre du bataillon carre. Onn’avait pas fait encore beaucoup de che-min, lorsque Mitbradate reparut avecun escadron d’environ deux cents che-vaux, et precede de quatre Cents archersou frondeurs, tous legers ä la course etagiles. 11 s’avanyai t vers lesGrecs commeami; mais des qu’il fut pres de leurcorps, tout-ä-coup sa cavalerie et soninfanterie tirerent des flecbes, ses fron-'deurs lancerent des pierres. 11 y eut desGrecs blesses. Leur arriere-garde souf-frit sans pouvoir faire aucun mal äl’ennemi; car les archers cretois n’attei-gnaient pas d’aussi loin que les l*erses,etd ailleurs, comme ils n’elaietu couverts

d’aucune arme defensive, on les availrenfermes dans le centre du batailloncarre. Ceux qui lancaient des javelolsne pouvaienl les faire porter jusqu’auxfrondeurs ennemis : Xenophon crut enconsequence qu’il fallait repousser cesBarbares. L’infanlerie pesanteet lesar-m6s ä la legere qui se trouverent sousses ordres ä l’arriere-garde, firent volte-face et poursuivirent les Perses, maisn’en purent joindre aucun; car les Grecsn’avaicnt point de cavalerie, et l’infan-terie perse prenant la fülle de loin, l’in-fanterie grecque ne pouvait la joindreä une petite distance du gros de l’armee,et n’osait pas s’en ecarter davanfage.Les cavaliers barbares, möme lorsqu’ilsfuyaient, lancaient des flecbes derriereeux, et blessaient des Grecs; tout lechemin que ceux-ci faisaient ä la pour-suite de l’ennemi, ils l’avaienl ä faireune seconde fois en retraite et en com-battant, en sorte que dans toute sa jour-nöe l’armee n’avanca que de vingt-cinqstades, et n’arriva que le soir aux vil-lages. Le soldat retomba dans le decou-ragement. Chirisophe et les plus anciensgeneraux reprochaient ä Xenophon des’ötre detacbe de l’armee pour courirapres l’ennemi, et de s’ötreexpose sansavoir pu faire le moindre mal auxPerses.

16. Xenophon ecouta ces generaux,et leur repondit qu’ils l’accusaient avecraison, et que le fait döposait en leurfaveur. « Mais, ajouta-l-il, ce qui m’aoblige ä poursuivre l’ennemi, c’est queje voyais qu’il faisait impunement souf-frir beaucoup notre arriere-garde quandnous reslions colles ä l’armee. En mar-chant aux Barbares, nous avons con-stale la verile de ce que vous dites,car nous n’avons pas pu faire plus demal, et notre retraite a eie tres-diffi-cile. Gräces soienl donc rendues auxdieux de ce que les ennemis ne sont