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Tome premier.
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RETRA1TE RES RIX MIELE. — LIV. VII.

vernement. Si je trouve quelqu’un devous en mer, je coulerai bas son bäli-ment. » Avant dit ces mots, il retournaJans la ville. Le lendemain, il fit direaux generaux et aux chefs de lochosde l’armee de le venir trouvcr. Ilsetaient dejä pres des rnurs, lorsquequelqu’un avertit Xenophon que, s’ilentrait, on l’arreterait; qu’il recevraitpeut-etre sur le licu meme quelquemauvais trailement, ou qu’on le livre-rait ;> Pharnabaze. Ayant ie<;vi cet avis,il dit aux autrcs chefs de continuer leurmarche, et pretendit avoir personnel-leraent un sacrificc ä faire. II revint aucamp, et sacrifiu pour savoir si lesdieux lui permettaient de Ifiel)er d’en-gager l’armee ä passer au Service deSeuthes; car il ne voyait pas qu’ellejint traverser saus danger la Propon-tidc, Aristarquc avaul des gal eres pourl’en empecher. II ne voulail pas nonplus qu’elie allät s’enfermer dans laChersonese ou eile aurait manque detunt. D’ailleurs, il aurait failu obeiraugonverneur de cetle presqu’ile, et onn'y eül poinl trouve de vivres.

20. Teiles etaient les idees qui occu-paient Xenopbon. Les generaux et leschefs de lochos revinrent de chez Aris-tarque. Ils rapporlerent qu’il les avaitrenvoyes saus leur donner audience, ctqu’il leur avait enjoint de revenir lesoir; ce qui parut denolcr encore plusclairement quelque embüche. Xeno-plion crut, d’apres les signes favorables jqu’il avait trouves dans les enlrailiesdes victimes, que le parti le plus sürpour lui et pour l’armee etait de passerau service de Seuthes. Il prit avec luiPolycrate d’Athenes, chef de lochos,ct pria lous les generaux, exceple Neon,d’envoyer äsa suite chacun un hommede confiance, puis il pariit de nuit pourle camp de Seuthes, qui etait ä soixanteStades de celui des Grecs. Quand on en

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fut pres, on trouva des feux, et il n’yavait point de troupes. Xenophon crutd’abord que ce Thrace avait decampe;mais, ayant entendu du bruit et desavertissemens que les senlinelles deSeuthes se donnaient les unes aux au-tres, il concut que ce general faisaitallumer ainsi des feux fort en avant despostes, afin qu’on ne püt voir les gar-des qui se tenaient dans l’obscurite ,nisavoir oü elles etaient, et que tout cequi s’en approchait au contraire nereussit point ä se cacher d’elles et fütaperfu ä la lueur des flammes. Des queXenopbon eut compris ce stratageme,il envova en avant 1’interprele qui setrouva a sa suite : « Annoncez, lui dit-il, ä Seuthes que Xenophon est ici etveut conferer avec lui. » La garde de-manda si c’etait Xenophon d’Athehes,celui qui etait ä la tete de Parmee.« Lui-meme, repondil le general. » LesThraces en sauterent de joie, et couru-rent en informer leur chef. Peu apres,environ deux cents armes ä la legerearriverent, prirent Xenophon et sa suite,et les menerent ä Seuthes. Ce Thraceetait dans une tour oü il segardait avecsoin. Elle etait entouree dechevaux toutbrides ; car il avait la precaution de lesnourrir dans le jour, eton etait sursesgardes pendanl la nuit. On pretendaitque jadis les peuples de ce pays mömeavaient tue beaucoup d’hommes eten-leve tous les equipages ä une armeenombreuse quecommandaitTeres, I’undes ancetres de Seuthes. Ces peuplessont les Thyniens, et ils passent pouretre les plus belliqueux des Thracesdans les entreprises nocturnes.

*21. Lursqu’on fut pres de Seuthes, ilordonna cju’on fit entrerXenophon avecdeux hommes ä son choix. Des qu’ilsfurent introduits, on s’embrassa d’abord, et on but a la maniere des Thraces, en se faisant passer de main en